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Une tisane prise le soir ne constitue pas un somnifère. Mais le rituel d’une boisson chaude, associé à certaines plantes traditionnellement utilisées pour favoriser la détente, peut trouver sa place dans une bonne hygiène du sommeil.

Quand le sommeil devient difficile

Nous passons environ un tiers de notre existence à dormir, mais le sommeil n’est pas toujours au rendez-vous.

Difficultés d’endormissement, réveils nocturnes, réveil trop précoce ou impression de sommeil non réparateur peuvent survenir ponctuellement, notamment lors de périodes de stress ou de changements dans les habitudes de vie.

Il faut cependant distinguer ces difficultés occasionnelles d’une insomnie persistante, qui peut avoir de nombreuses causes et mérite une prise en charge adaptée.

Avant les plantes…

Des horaires de sommeil réguliers, une activité physique adaptée, une exposition à la lumière naturelle pendant la journée, une chambre calme et suffisamment sombre ainsi que la limitation des excitants en fin de journée constituent les premières bases d’une bonne hygiène du sommeil.

La tisane du soir : un rituel ancien

Boire une infusion le soir appartient à ces habitudes simples qui ont traversé les générations.

La chaleur de la boisson, le temps consacré à sa préparation et le fait de s’accorder un moment calme participent déjà au rituel précédant le coucher.

À cela s’ajoutent les propriétés propres aux plantes choisies.

Mais toutes les plantes traditionnellement qualifiées de « calmantes » ne disposent pas du même niveau de connaissances scientifiques. Il est donc utile de distinguer ce qui relève d’un usage bien documenté de ce qui appartient surtout à la tradition.

La valériane

Valeriana officinalis L. est probablement l’une des plantes européennes les plus connues dans le domaine du sommeil.

Ce sont principalement ses parties souterraines — racine, rhizome et stolons — qui sont utilisées.

La situation de la valériane est intéressante car toutes ses préparations ne bénéficient pas du même niveau de preuve.

L’Agence européenne des médicaments reconnaît pour certains extraits secs de racine de valériane un usage médical bien établi dans le soulagement de la tension nerveuse légère et des troubles du sommeil. D’autres préparations, notamment certaines infusions, relèvent de l’usage traditionnel.

À savoir

La valériane n’agit pas nécessairement comme un somnifère pris ponctuellement au moment où l’on veut dormir. L’évaluation européenne souligne notamment que son action peut être progressive selon les préparations.

La passiflore

La passiflore utilisée en phytothérapie est principalement Passiflora incarnata L.

Ses parties aériennes séchées entrent dans différentes préparations, notamment des infusions.

L’Agence européenne des médicaments considère que, sur la base de sa longue tradition d’utilisation, les préparations de passiflore peuvent être employées pour soulager les manifestations légères du stress mental et aider au sommeil.

Il s’agit ici d’un usage traditionnel : la longue expérience d’utilisation rend cet emploi plausible, mais le niveau de démonstration clinique n’est pas celui d’un médicament dont l’efficacité aurait été établie par des essais cliniques suffisants.

L’aspérule odorante

L’aspérule odorante, aujourd’hui appelée Galium odoratum, est une petite plante des sous-bois européens au parfum très particulier.

Elle possède une longue histoire d’utilisation dans les boissons et les préparations traditionnelles.

Son parfum caractéristique se développe notamment lors du séchage et est associé à la présence de composés donnant naissance à la coumarine.

L’aspérule a traditionnellement été employée dans des préparations destinées à la détente et au sommeil. Ces usages appartiennent cependant davantage à la tradition phytothérapeutique qu’aux indications disposant aujourd’hui des données les plus solides.

Sa teneur en composés coumariniques invite par ailleurs à ne pas considérer qu’une plante est sans risque simplement parce qu’elle est « naturelle ».

Et l’oranger amer ?

Notre ancienne documentation associait également l’oranger amer aux troubles occasionnels du sommeil.

Citrus × aurantium est une plante complexe dont différentes parties — fleurs, feuilles, écorce du fruit — donnent des préparations très différentes.

Il serait donc imprécis de parler simplement d’« oranger amer » sans indiquer la partie de la plante et la préparation concernées.

Nous conservons ici la trace de cet usage traditionnel, mais sans en faire une recommandation générale contre l’insomnie.

Peut-on associer plusieurs plantes ?

Les mélanges de plantes destinés au sommeil constituent une longue tradition de l’herboristerie européenne.

Ils ne sont d’ailleurs pas absents de la phytothérapie moderne : l’Agence européenne des médicaments a notamment évalué des associations de plantes sédatives ainsi que l’association valériane et houblon. Certaines préparations traditionnelles sont destinées à soulager les manifestations légères du stress et à favoriser le sommeil.

Une association n’est toutefois pas automatiquement plus efficace ni plus sûre parce qu’elle contient davantage de plantes.

Tisane, gélule et extrait : attention aux confusions

L’ancienne version de cet article passait de la tisane aux gélules en quelques lignes.

Or une infusion, une poudre de plante en gélule et un extrait standardisé sont des préparations différentes. Elles ne contiennent pas nécessairement les constituants végétaux dans les mêmes proportions et leurs données d’efficacité ne sont pas interchangeables.

C’est précisément pourquoi Erhabenmaya les présente désormais dans des collections distinctes.

Bien choisir ses plantes pour infusion

La qualité de la matière végétale reste essentielle.

Il faut pouvoir identifier précisément la plante, la partie utilisée et, idéalement, disposer d’informations sur son origine et sa qualité.

Pour les produits conditionnés, les indications du fabricant ou du pharmacien concernant la quantité, la durée d’infusion et les précautions d’emploi doivent être respectées.

La notion ancienne selon laquelle une tisane devrait obligatoirement contenir des « principes actifs titrés » était trop générale : la standardisation concerne certaines préparations végétales particulières et ne définit pas à elle seule la qualité de toutes les plantes pour infusion.

Quelques précautions

Les plantes susceptibles d’agir sur la vigilance ne doivent pas être banalisées.

La valériane peut notamment diminuer l’aptitude à conduire ou à utiliser des machines. Son utilisation médicinale n’est pas recommandée chez l’enfant de moins de 12 ans ni pendant la grossesse et l’allaitement selon la monographie européenne.

La passiflore utilisée comme médicament traditionnel destiné au sommeil est également réservée, dans l’évaluation européenne, aux adultes et adolescents de plus de 12 ans.

En cas de traitement médicamenteux, de maladie chronique, de grossesse ou d’allaitement, il est préférable de demander conseil à un professionnel de santé avant d’utiliser régulièrement des plantes médicinales.

Quand faut-il consulter ?

Une mauvaise nuit occasionnelle est banale. Des troubles du sommeil qui se répètent ou s’installent ne doivent en revanche pas être systématiquement traités par une tisane.

Une fatigue importante pendant la journée, des réveils très fréquents, des ronflements accompagnés de pauses respiratoires, des jambes particulièrement agitées, une anxiété importante ou une insomnie persistante peuvent nécessiter une recherche de la cause.

Les plantes peuvent accompagner certains troubles légers ; elles ne doivent pas masquer un problème de sommeil nécessitant une prise en charge spécifique.

En résumé

🌿 La valériane est l’une des plantes les mieux documentées dans le domaine des troubles légers du sommeil.

🌿 La passiflore bénéficie d’un usage traditionnel européen reconnu pour les manifestations légères du stress et pour aider au sommeil.

🌿 L’aspérule odorante appartient à la tradition des plantes du sommeil, mais son niveau de documentation est différent.

🌿 L’oranger amer recouvre différentes préparations selon la partie de la plante utilisée : il faut éviter les généralisations.

🌿 Une tisane, une poudre, une gélule et un extrait ne sont pas des préparations équivalentes.

🌿 Une insomnie persistante mérite d’en rechercher la cause plutôt que de multiplier les plantes.

La tisane du soir conserve pourtant tout son charme.

Préparer quelques feuilles ou racines, laisser infuser, poser sa tasse et ralentir : bien avant de parler de phytothérapie, ce petit rituel marque déjà la transition entre l’agitation de la journée et le temps du sommeil.

Sources et pour aller plus loin

Agence européenne des médicaments (EMA) – Committee on Herbal Medicinal Products (HMPC)
Monographie européenne et rapport d’évaluation consacrés à Valeriana officinalis L., radix.

Agence européenne des médicaments (EMA) – HMPC
Monographie européenne et rapport d’évaluation consacrés à Passiflora incarnata L., herba.

Agence européenne des médicaments (EMA) – HMPC
Monographies consacrées aux associations de plantes traditionnellement utilisées pour soulager les manifestations légères du stress et favoriser le sommeil.

Documentation familiale ancienne de phytothérapie
Fiche « Dormir… avec la phytothérapie », consacrée notamment à la valériane, à la passiflore, à l’aspérule odorante et à l’oranger amer, ayant servi de base historique à cette réécriture.

Note :
cette fiche présente des informations générales sur les usages traditionnels et les connaissances actuelles concernant certaines plantes. Elle ne remplace ni un diagnostic ni une prise en charge médicale des troubles du sommeil.


Article d’Erhabenmaya entièrement réécrit et actualisé en 2026 à partir d’une ancienne publication du blog et de documentation familiale.

Assistance éditoriale et documentaire :

OpenAI – ChatGPT (GPT-5.6 Sol)
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