La domination : quand accepter ne signifie pas consentir
Accepter n’est pas toujours consentir
Il existe des réalités auxquelles nous ne pouvons nous soustraire. Vieillir en est une. Nous pouvons finir par l’accepter, apprendre à vivre avec cette transformation de nous-mêmes, sans pour autant dire que nous y avons consenti.
Cette distinction, qui paraît d’abord presque philosophique, devient essentielle dès qu’elle concerne nos relations avec les autres.
Accepter ce qui nous est imposé n’est pas nécessairement le choisir.
On peut céder par peur, par lassitude, par ignorance, sous l’effet de la surprise ou parce que le rapport de forces ne permet plus réellement de refuser. L’apparence d’une acceptation ne suffit donc pas toujours à établir l’existence d’un consentement libre.
Le consentement suppose la liberté
Consentir véritablement suppose davantage qu’une absence de résistance. Il faut pouvoir comprendre ce qui est proposé, disposer d’une liberté réelle de décision et, surtout, pouvoir dire non.
C’est précisément lorsque cette liberté disparaît que commence la domination.
Elle peut être évidente : menace, contrainte physique, violence. Mais elle peut aussi prendre des formes beaucoup plus difficiles à percevoir : pression psychologique, intimidation, mensonge, manipulation, abus d’autorité ou exploitation d’une situation de vulnérabilité.
La personne dominée peut alors finir par céder. Pourtant, céder et consentir ne sont pas synonymes.
Une notion désormais inscrite dans la loi
En France, la notion de consentement est désormais explicitement inscrite dans la définition pénale des agressions sexuelles. Depuis la loi du 6 novembre 2025, le Code pénal précise que le consentement doit être libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable.
Le silence ou l’absence de réaction ne suffisent pas à établir qu’une personne a consenti. De même, il n’existe pas de consentement lorsque l’acte sexuel est obtenu par violence, contrainte, menace ou surprise.
Cette évolution juridique rejoint finalement la question centrale de cet article : avoir cédé, ne pas avoir résisté ou ne pas avoir dit non ne signifie pas nécessairement avoir choisi.
Lorsque le corps devient le territoire de l’autre
Cette distinction prend une dimension particulièrement grave dans les violences sexuelles.
Le viol constitue l’une des formes les plus radicales de dépossession : la volonté d’une personne s’impose au corps d’une autre et nie sa liberté de disposer d’elle-même.
La violence ne réside donc pas seulement dans la force physique éventuellement employée. Elle réside aussi dans cette appropriation : faire du corps ou de la volonté d’autrui l’instrument de son propre désir.
C’est pourquoi l’absence de consentement ne peut être réduite à la seule existence d’une lutte physique. La contrainte peut également être morale ou psychologique.

La domination n’utilise pas toujours la force
Le pouvoir possède plusieurs langages.
Il peut commander, menacer et contraindre. Mais il peut également séduire, tromper, culpabiliser ou créer une illusion de liberté.
La domination devient alors plus subtile : celui qui la subit peut même avoir le sentiment d’avoir choisi ce qui, en réalité, lui a été progressivement imposé.
C’est peut-être là sa forme la plus troublante.
Car la question n’est plus seulement : « A-t-il ou a-t-elle accepté ? »
Elle devient :
« Était-il réellement possible de refuser ? »
Informer pour permettre de choisir
Cette interrogation dépasse largement les relations sexuelles. Elle concerne la médecine, le travail, l’autorité, les relations affectives et, plus généralement, toutes les situations dans lesquelles une personne exerce un pouvoir sur une autre.
C’est pourquoi l’information constitue une condition essentielle du consentement. Pour décider librement, encore faut-il connaître ce que l’on accepte, ses conséquences et les alternatives possibles.
Mais l’information ne suffit pas si la liberté de refuser n’existe pas.
Le véritable consentement suppose donc plusieurs choses : comprendre, pouvoir choisir, ne pas subir de contrainte et conserver la possibilité de revenir sur sa décision.
La frontière de la liberté
Nous ne choisissons pas tout ce qui nous arrive. Nous acceptons parfois ce que la vie, les circonstances ou les autres nous imposent.
Mais cette acceptation ne doit jamais être confondue avec une adhésion volontaire.
Peut-être est-ce finalement là que se situe la frontière entre influence et domination, entre choix et soumission :
être libre, ce n’est pas seulement pouvoir dire oui.
C’est surtout pouvoir dire non.
Sources : Code pénal français, article 222-22 — Légifrance ; loi n° 2025-1057 du 6 novembre 2025 modifiant la définition pénale du viol et des agressions sexuelles — Journal officiel.
OpenAI – ChatGPT (GPT-5.6 Sol) : recherche documentaire et juridique, vérification et actualisation des informations, restructuration et rédaction du texte, août 2026.
Article 222-22 du Code pénal — Légifrance
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cathy25/04/2013 11:00:06Accepter de vieillir oui il faut bien s'y faire mais je pense que ce n'est pas se préparer à mourir ! Cela dépend peut être de l'âge de la personne… Vaste débat très intéressant……… Bisous