Les Mythes - Don't abuse

PORTRAIT

Inceste, la sacralisation du père


Combien d’hommes d’apparence respectable ont des vies qui ne sont pas à la taille de leurs actes ! S’ils sont hors du commun rien ne dit qu’ils aient fait le bien.

Né sur les bords de la Seine dans le département de l’Essonne, il le quitta pour être élevé dans l’Est de la France, par des tantes. A Sens, Jeanne, la plus âgée dirigeait, une Communauté religieuse catholique. A la fin d’études dont on ne sait si elles ont été brillantes, il intégra l’ordre des Jésuites à l’exemple de ses aïeux et sans aucun doute avec l’influence du milieu qui était le sien.  Il prononça ses vœux, devint prêtre, et passa dix ans de son existence dans cette congrégation. Puis il l’abandonna. Non délivré de ses vœux, seul le temple protestant accepta de l’unir à celle qu’il avait rencontrée et lui donna deux enfants.

Ensuite, dans son foyer, il parlât de sa privation de biens et de liberté. qui lui fit quitter l’église.

La famille

Il mêlait une très grande bonté, un tempérament jovial et une intelligence de la vie, à un caractère critique, susceptible, orgueilleux et brutal. L’absence de repères familiaux,  le choix de ses tantes, avaient changé le caractère de Marc.

A ceci s’ajoutait son penchant pour la jeunesse.

Le Saint

Subjuguer sa famille ses amis, s’avouant être un « Saint », après en avoir été réellement un, était un sport à sa mesure vu qu’il était l’homme le plus âgé de sa famille. On l’écoutait, le respectait l’admirait même le vénérait.
Marc avait été un Jésuite, ceux-là même qui se soumirent, en Amérique ; on disait d’eux qu’ils avaient civilisé les habitants. Dans les temps anciens, on les appelait les fakirs catholiques. Bien sûr Marc n’en était plus un.
Alors, au sein du foyer,  il voulut subjuguer sa reine comme ces catholiques subjuguèrent le royaume d’Abyssinie.  Mais ses raisons étaient profondes au même titre que sa bonté. Sa femme de vingt ans sa cadette suscitait son adoration, ses enfants ne recevaient aucun châtiment corporel, malgré ses colères. Sa vie dans la congrégation des Jésuites avait laissé des traces, la famille lui reconnaissait une générosité hors du commun et un désintérêt total pour les biens matériels.
Sa forme d’éducation relevait de l’homme universel. Un catholique se doit d’être universel, il suffit pour s’en persuader de compter le nombre des fidèles présents dans tout l’univers. Les familles croient et se soumettent aux pouvoirs des dogmes.

Ils ont été pour Marc le comble de son malheur et de celui d’une autre car la doctrine christologique dit que le Saint précisément est initiateur et sait ce qui convient au genre humain. Marc qui n’était ni tyran familial, ni homme ingrat de ces dogmes, conjuguait, en toute impunité, le verbe aimer, à tous les temps.

Sans famille

La famille habitait une grande maison en pierre. Dans sa chambre il y avait un grand lit avec des meubles tout autour et des sièges rembourrés sous des plafonds qui s’élevaient très hauts.

Marc ne se laissait pas commander car il était le seul à la maison à le faire. Il possédait tous les pouvoirs.  « Je suis un Saint » se plaisait-il à répéter.

Nuits

La nuit, il lui arrivait de pousser des hurlements qui réveillaient la famille. Sa femme allumait et tentait de le calmer. C’est alors qu’un médecin, un jour,  lui conseilla la frugalité des mêts le soir.
Marc se moquait des médecins, les billes noires de ses yeux transperçaient les verres épais de ses lunettes lorgnant d’un oeil suspicieux celui qui tentait d’interférer à sa vie car il les accusait de faire des expériences sur lui.

Sa vie, c’était le penchant qu’il montrait pour sa fille. La famille prenait son dîner à vingt heures. La soirée s’écoulait autour de la table ronde, la mère qui ne s’attablait jamais, s’allongeait à même le carrelage recouverte d’une couverture comme elle l’avait vu dans son Maroc natal. Mais Marc ne voulait pas qu’elle en parle.

Malgré les excentricités de sa femme  il fallait « qu’on lui fiche la paix ». La paix, pourtant il ne la fichait à personne, encore moins à sa jeune fille. Et amené à de nombreux excès en raison des repas d’affaires dus à son activité professionnelle,  il ne se moquait guère de l’opinion d’autrui et fustigeait l’ambiance de son foyer prenant sa progéniture à part.

Marc, né de père inconnu

Marc devint à la longue un homme irritable. Il aimait les scandales partout où il se trouvait. Il préférait le chant du cygne, les horizons voisins, le cœur et les sanglots du métabolisme enfantin, il le préférait à celui des adultes.

Jeux de cartes

Un lundi, après une nuit agitée, le médecin appelé à son chevet lui rendit la forme. Et, il réapparut dans les couloirs.
Il ne faut pas en conclure pourtant que Marc était un mauvais homme. Son immense empathie et sa voix autoritaire ne l’empêchaient pas d’avoir des amis. S’il jouait aux cartes avec sa famille, il s’arrangeait pour tricher et laisser gagner sa femme. Les amis de sa fille le plongeaient dans un mutisme terrifiant. Il leur interdisait de l’appeler. La moindre critique recueillait sa vindicte. La plus belle des églises l’exaltait. Mais la plus gracieuse des petites filles le gagnait par vagues successives, comme il entrait en transes devant les cheveux doux qui dégringolaient…

Tout chrétien, fervent pratiquant envers l’église est-il absous de tout ?

« L’amour du prochain » a des limites parfois difficiles à définir.


Une réponse à « Marc le réfractaire, un manifeste dénonciateur »

  1. Avatar de Jocelyn
    Jocelyn

    Article intéressant et d’actualité

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