Marc le réfractaire, un manifeste dénonciateur

Blog Arts essentiels - webmaster Geneviève Reiter - Bordeaux
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PORTRAIT

Inceste, la sacralisation du père

Marc

Combien d’hommes d’apparence respectable ont des vies qui ne sont pas à la taille de leurs actes ! Devant ces destins hors du commun, la famille, si elle aime la plume, la fille quand elle ne peut oublier, se découvrent des envies de romancières. Elles ne servent pas de grands Monsieurs, elles s’en servent.
Mais attention, hors du commun ne signifie pas qu’ils font le bien. L’histoire de Marc est tellement riche en attitudes contradictoires, en pardons démesurés puis en repentirs miraculeux, que nous sommes bien évidemment tentés de l’écrire, et en grand, pour mieux la comprendre ! Mais quant à  la « romancer », la fiction n’y est pas…
Né sur les bords de la Seine dans le département de l’Essonne, il le quitta pour être élevé dans l’Est de la France, par ses tantes. A Sens, Jeanne, la plus âgée dirigeait, une Communauté religieuse catholique. A la fin d’études dont on ne sait si elles ont été brillantes, il intégra l’ordre des Jésuites à l’exemple de ses aïeux et sans aucun doute à l’injonction de sa tante. Sa tante Jeanne ne concevait pas qu’une autre vocation pût flatter l’imagination de son neveu. Il prononça ses vœux, devint prêtre, mais son existence dans cette congrégation, nous est  inconnue. Tout ce que l’on sait est qu’il y resta dix ans puis la quitta. Non délivré de ses vœux, seul le temple protestant accepta de l’unir à celle qui devint sa femme et la mère de ses deux enfants. Ensuite, dans son foyer, il parlât de sa splendeur passée, de sa privation de biens et de liberté. Attaché au service de Dieu, il se serait senti, voué à l’oubli, réduit au strict nécessaire, c’est la raison qu’il donnait pour avoir quitté les Ordres.

Au temps de notre histoire Marc était un homme d’affaire de 51 ans qui avait des maux et une tendance aux sciatiques. Mais sa femme devenue végétarienne savait le soigner.

La famille

Toutes les familles devraient être averties du danger qui les menace, en dehors d’éventuels problèmes de santé, dès lors que la femme devient végétarienne et naturopathe convaincue.
Il existe dans certaines familles, et surtout celles à longues tendances chrétiennes comme la famille de Marc, une tradition, celle de la secte qui se nomme les chrétiens catholiques. Le végétarisme n’en est pas loin avec non plus ses sectarismes.

L’absence de repères familiaux,  le mauvais choix de ses tantes, avaient aigri le caractère de Marc tout comme la naturopathie avait réduit en cendres les devoirs de l’épouse. Son caractère utopique avait du mal à s’accorder avec l’éducation familiale et la discipline domestique, mais, plus encore, une rébellion d’essence naturelle lui refusait de se plier aux Lois tant qu’elles ne venaient pas de Dieu.

Il se refusait même à toucher aux huiles Essentielles. C’est dire s’il ne savait pas ce qu’il voulait, et si son épouse lui en voulait.

Le Saint

Pourtant, subjuguer sa famille et ses amis, en s’avouant être un « Saint », après en avoir été réellement un, était un sport à sa mesure. Mais par moment,  il aurait fallu faire naître des espions ou déléguer  une espionne.
Avant, les espions s’appelaient les Jésuites. Marc avait été un Jésuite, ceux-là même qui se soumirent, en Amérique ; on disait d’eux qu’ils avaient civilisé les habitants. Dans les temps anciens, on les appelait les fakirs catholiques. Bien sûr Marc n’en était plus un.
Alors, comme ces catholiques qui avaient subjugués le royaume d’Abyssinie, ce même catholique voulut subjuguer et trouver une reine. En soi, Marc n’était pas foncièrement un réfractaire. Il se montrait même très bon. Sa femme de vingt neuf ans suscitait son adoration, il l’adorait, ses enfants ne recevaient aucun châtiment corporel, bien qu’il ait été un homme très colérique. Quant à son abnégation de toute possession dans la congrégation des Jésuites, elle avait laissé des traces, la famille lui reconnaissait une générosité hors du commun et un désintérêt total pour les biens matériels.
Mais, en matière d’éducation, il se montrait avec sa fille, en homme universel. Un catholique se doit d’être universel, d’ailleurs il suffit pour s’en persuader de compter le nombre des fidèles qu’on voit dans tout l’univers. Des familles croient et se soumettent aux pouvoirs des dogmes.

Ils ont été pour Marc le comble de son malheur car la doctrine christologique dit que le Saint précisément est initiateur et sait ce qui convient au genre humain.

Marc qui n’était ni tyran familial, ni homme ingrat et suivait ses dogmes, a donc décidé de conjuguer à tous les temps le verbe initier.

Sans famille

La famille habitait une grande maison en pierre dont il a fallu louer une partie. Dans la chambre des parents, il y avait un grand lit avec des meubles, des sièges rembourrés, des plafonds qui s’élevaient très hauts.

C’est là qu’il amenait sa fille le temps que sa femme s’occupe de son régime alimentaire.
Mais si sa femme avait essayé des expériences sur sa personne, elles n’en avaient que le nom car Marc ne se laissait pas commander. Si elle lui préparait un verre d’une boisson d’un légume miraculeux, il s’empressait, de le renverser dans le pot de la plante. Si sa femme lui prévoyait une coupelle d’un mélange de levures des plus finement blutées, il la renversait promptement derrière le radiateur. Il ne voulait pas de cette médecine : « Je suis un Saint » se plaisait-il à répéter.
Malgré tout, à cette époque, Marc commença à se plaindre de problèmes de santé qui le forçaient parfois à s’aliter. Et si durant ces périodes les tisanes remplaçaient le Mouton Cadet, il disait que c’était le Bon Dieu qui le voulait ainsi.

Nuits

La nuit, il lui arrivait de pousser des hurlements. Sa fille se réveillait en panique pensant qu’une bête était entrée dans la chambre à côté. Sa femme allumait la lumière et tentait de le calmer. C’est alors que le médecin de naturopathie, un jour,  lui conseilla de manger un peu moins le soir.
Marc se moquait des médecins, les billes noires de ses yeux transperçaient les verres épais de celui qui le visitait et les amas graisseux et violacées de ses paupières n’en finissaient pas de s’alourdir. Durant ces moments d’accalmie, il ne disait rien à sa fille, ne lui faisait plus comprendre qu’il la rendait heureuse, alors c’est elle qui l’était.
La famille prenait son dîner à vingt heures. La soirée s’écoulait autour de la table ronde, la mère qui ne s’attablait jamais aux repas, était couchée parterre sur le carrelage recouverte d’une couverture. Et il exigeait quand il avait retrouvé la santé, c’est une justice à lui rendre, qu’il y ait de la viande à la table familiale,  pour ses enfants et lui.

Malgré que sa femme dise que « la célèbre dénutrition » du Professeur Jean Trémolières était de son ressort, il fallait « qu’on lui fiche la paix ». La paix, pourtant il ne la fichait à personne, encore moins à sa jeune fille. Marc était amené à de nombreux excès dus à son activité professionnelle, mais il se moquait bien l’opinion de quiconque.

Marc, né de père inconnu

Sa femme cherchait toujours des solutions chez les pharmaciens pour le soigner. Ce fut à partir de cette période qu’elle décida de modifier son alimentation. Marc, devait rester en bonne condition physique, une gageure…
Il s’ensuivit que Marc devint un homme irritable. Il aimait faire des scandales partout où il se rendait. Alors, de guerre lasse, un jour, sa femme cessa brutalement de le soigner. Avait-elle considéré qu’il n’en avait plus besoin, que ses traitement n’avaient aucune prise sur lui, ou qu’en fin de compte, il ne méritait pas les efforts qu’elle mettait à son service ? Toujours est-il qu’elle se désintéressa de lui et des causes de ses instabilités et ceci durant un temps assez long…
Mais l’habitude a la vie dure. Un jour les traitements reprirent et contre rhumes et grippes on vit réapparaitre les tisanes au thym non sucrées sur la table familiale. Elle conseilla aussi à Marc de boire du jus d’Aloe vera. Comme de consommer du miel et de prendre des cuillerées de pollen de fleur. Et, de n’utiliser que des herbacées comme la Primevère pour venir à bout de sa toux. Mais lui , il préférait le chant du cygne, les horizons voisins, le cœur et les sanglots du métabolisme de sa fille.

Jeux de cartes

Un lundi, après une nuit de dimanche agitée, le médecin appelé parla d’une névralgie dorsale. Marc se plaignait d’un mal dans les reins, mais une mise à la diète de deux jours lui rendit la forme. Et, il réapparut dans les couloirs.
Il ne faut pas en conclure pourtant que Marc était un mauvais homme. Son manque d’empathie et sa voix autoritaire ne l’empêchaient pas d’être gentil, drôle, intelligent et prévenant à ses heures. S’il jouait aux cartes avec sa famille, il s’arrangeait pour tricher et laisser gagner sa femme. Les amis de sa fille le plongeaient dans un mutisme terrifiant. En quittant la pièce, il les interdisait. La moindre critique recueillait sa vindicte. La plus belle des églises l’exaltait. Mais la plus gracieuse des petites filles le gagnait par vagues successives, comme il entrait en transes devant les cheveux doux qui dégringolaient…

Tout chrétien, fervent pratiquant envers l’église est absous de tout ?

« L’amour du prochain » a des limites qu’ils ont parfois du mal à définir.

Co-auteur, Geneviève Reiter, avec Yvonne Chatillon,
Stages et études en phyto-aromathérapie ;
Née à Neuilly sur Seine, habitant Bordeaux (33), près de la mer !
Passionnée de médecines naturelles, naturopathie, bridge et spiritualité.

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