SAVOIR SE MONTRER INTELLIGENT
L’opinion de Fédora
Il vaudrait mieux éviter de passer le temps et préférer de l’employer. Les jeux en général, y compris les jeux de cartes ne sont pas autre chose que des intermédiaires motivants. Si on n’est incapable d’occuper soi-même son esprit, on cherche par tous les moyens à se divertir, à s’occuper, à se créer des loisirs pour éviter à tout prix l’ennui. Et pour le combattre on introduit des « petites activités » comme les jeux de cartes, les jeux de casino. Et si par malheur on ne peut s’y adonner, on enrage, on tambourine sur la table…
Passer des après-midis dans les salles de jeux ou dans celles de jeux de cartes ou autres divertissements, nous éloigne de toute pensée. N’ayant aucune idée à échanger, on échange des cartes ou des jetons ou on donne ses Euros.
Nous pouvons faire autre chose de plus inventif, plus instructif, plus poétique et surtout plus utile. Et comme la demande de plaisir revient en force, on comprendra aisément que le résultat de ce retour fréquent sera plus grand et plus durable s’il s’agit de la plus belle espèce, c’est-à-dire d’occupations nobles.
Les jeux de casinos ou principalement les jeux de cartes, comme l’avait écrit Schopenhauer, sont une occupation habituelle de la « bonne société », ils monopolisent l’attention pour des intérêts tellement minimes et pour les casinos tellement disproportionnés si l’on mise trop, qu’ils excitent uniquement la volonté de chacun.
Seulement il en existe d’autres. Nous sommes dotés de forces personnelles et tous capables de nous intéresser à d’autres choses sans que nous le voulions, de choses en rapport avec seule notre intelligence.
Le bonheur ne demande aucun moyen, aucune volonté. On doit être capable de le trouver en soi.
Les travaux de Skinner
Explications du comportementalisme répondant. Les travaux de Skinner sont dérivé des études sur l’apprentissage animal, dont le schéma de base est très simple à comprendre : un comportement produit une conséquence, et cette conséquence pourra renforcer ou non ce comportement. Le renforcement se traduit par une augmentation de l’émission du même comportement, en fréquence ou en intensité.
Une histoire de comportements. L’opérant, le comportement étudié, peut donc être l’objet d’un renforcement positif, ou d’un renforcement négatif, lorsque la conséquence entraîne une diminution de la fréquence du comportement. Il peut aussi « s’éteindre » en l’absence de renforçateur positif. Les renforçateurs primaires sont ceux qui sont liés aux fonctions vitales, physiologiques, comme la nourriture.
Les renforçateurs secondaires. L’expérimentation animale révèle également l’existence de renforçateurs secondaires acquis : si par exemple, en poussant un levier, un singe apprend à obtenir un jeton lui permettant d’obtenir de la nourriture, ce jeton fait office de renforçateur secondaire. Un renforçateur secondaire, s’il permet l’accès à divers renforçateurs primaires, présente l’avantage d’éviter la saturation, l’inefficacité qui résulte de l’emploi du même renforçateur primaire (le pigeon peut cesser d’avoir faim…).
L’argent du gain, un grand leurre. Ce rappel succinct permet de concevoir combien il est tentant de voir dans l’argent du gain un renforçateur secondaire, dès lors que le jeu est assimilé à un comportement. Les « machines à sous », cartes à gratter, etc., auront alors valeur de programmes de renforcement aléatoires.
Tout est étudié dans les casinos. C’est ainsi qu’elles sont traitées par leurs concepteurs dans les casinos, lesquels visent, par définition, à renforcer « le comportement-cible » : « Mettre de l’argent dans la machin
- B.F. Skinner, « pape » du behaviorisme (*), ne pouvait manquer d’insister sur ce rapprochement d’une conduite humaine avec les mécanismes du dressage animal.
- En 1953, dans Science and human behavior (New York), il affirme :
- « L’efficacité de tels programmes à produire des taux de réponses élevés est connue depuis longtemps des propriétaires des établissements de jeu (…)
- Le gain ou la perte au long terme est presque sans importance au regard de l’efficacité de ce programme.
- Les joueurs débutent avec des mises tellement faibles qu’obligatoirement un renforcement positif se produit lorsqu’ils gagnent.
- Les joueurs augmentent alors leurs enjeux.
- C’est précisément ainsi que l’on parvient à programmer le comportement d’un pigeon ou d’un rat, en fonction d’un paramètre défini.
- Par la suite, une fois programmé, même si les récompenses (renforcements positifs) apparaissent rarement, le pigeon ou le rat s’acharnera à dépenser toute son énergie pour faire fonctionner le système dont il reçoit ses récompenses.
- De la même façon, le sujet joueur continuera à miser tout en perdant de l’argent. »
(*)
Le béhaviorisme est une méthode psychologique fondée sur l’observation objective. Watson aux Etats-Unis et Bechterev en Russie en sont les fondateurs.
Watson définit comme suit cette école :
“Le béhaviorisme prétend que le domaine de la psychologie humaine est le comportement humain. Il estime que la conscience n’est un concept ni défini ni utilisable”
Par exemple si quelqu’un se déclare heureux, cela se traduira par une extériorisation de son état physique – augmentation du rythme cardiaque, sourire etc. Si aucun de ces phénomènes extérieurs étaient descriptibles – le béhavioriste conclurait alors la personne n’est pas vraiment heureuse.
Les limites de ce courant sont celles de toute étude objective de l’homme : une réaction humaine ne peut être seulement décrite du dehors, elle doit aussi être comprise du dedans.
Extrait du livre Le Jeu de Marc Valleur et Christian Bucher



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