L’ORIGINE
Le nom de Baume paraît avoir été donné, à l’origine, pour des compositions d’onguents auxquels on attribuait des vertus souveraines. Plus tard, ce nom fut étendu à des préparations liquides, odorantes, généralement alcooliques (alcoolats, teintures) en lesquelles on croyait. Plus tard encore, on appliqua le nom de baume à des substances naturelles odoriférantes. Enfin, actuellement, les pharmacologistes, en accord avec les chimistes, ont restreint cette dénomination à des produits végétaux naturels, dont la composition commune peut être représentée par de la résine, de l’huile volatile et un acide de la série aromatique (acide benzoïque, ac. cinnamique, etc.).
LES BAUMES FACTICES
1/ Formule d’un baume aromatique
Il sera question ici d’un baume factice ou issu d’anciennes compositions balsamiques qui ne peuvent être nettement classées avec les onguents, les alcoolats, ni avec d’autres genres de médicaments.
Les autres baumes se nomment Baumes proprement dits ou naturels. Voir les baumes naturels comme par exemple le Baume du Pérou.
Composition du baume factice
– Huiles de girofle et de muscade 125 g
– Esprit de genièvre 60 g
Mêler.
La formule de ce baume est très variable dans les formulaires. Il en existe plusieurs. Par exemple :
Formule d’AUG
– mixture oléo-balsamique 30 g
– ammoniaque liquide 4 g
– huile volatile de camomille quelques gouttes
– alcool rectifié 15 g
Formule de LOEBEL
qui l’employait contre la faiblesse de la vue, en frictions sur les paupières :
Baume aromatique éthéré
– sel de corne de cerf 0,6 g
– castoréum 2,5 g
– huile de rue 6 gouttes
– huile de muscade 7 g
en frictions sur les tempes dans l’hystérie
Formule de FULD
– huile de muscade 30 g
– huile de succin 2 g
– huile de girofle 2 g
– huile de lavande 4 g
– huile de genièvre 4 g
Formule de PHOEB
– Baume du Pérou 2 g
– Musc 0,06 g
– Huile de girofle 0,6 g
– beurre de muscade 7 g
Les baumes factices sont généralement employés à l’extérieur comme vulnéraires, fondants, résolutifs. A contrario, les Les baumes naturels représentent la base de médicaments. Ils sont rarement employés à l’état naturel en fumigations mais possèdent tous la propriété dite balsamique.
2/Autre baume factice
Baume Chiron et de Lausanne
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Huile d’olive ………………. 300 g |
Cire jaune ………………….. 80 g |
|
Térébenthine …………….. 60 g |
Orcanette …………………… 15 g |
Faire bouillir ensemble, passer et ajouter :
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Baume du Pérou …… 10g |
Camphre …………. 0,6g |
Remuer jusqu’à parfait refroidissement.
Cicatrisant, employé principalement dans les gerçures au sein, les engelures.
Se vend dans de petites boîtes en étain.
LES BAUMES NATURELS
Vous trouverez, ci-dessous, des renseignements concernant trois baumes naturels.
Ils sont vendus dans des magasins spécialisés en aromathérapie, phytothérapie ou parapharmacie.
1/ Le Baume de Tolu
Famille des légumineuses
Le baume Tolu, à l’origine, est recueilli par incision des troncs d’un arbre d’Amérique du Sud, puis extrait aux solvants volatils. Il provient d’équateur et de Colombie.
Il donne une absolue à l’odeur chaude, sucrée, boisée, et vanillée. Et, aujourd’hui, entièrement reconstitué, les parfumeurs en font une utilisation synthétique.
Mais il a aussi d’autres vertus. Il s’emploie en sirop pour les trachéo-bronchites et bronchites.
2/ Le Baume du Pérou
Famille des légumineuses
Voici un modificateur de muqueuses. Il se prescrit dans le catarrhe, la bronchite, pour la dermatose comme cicatrisant et anti-prurigineux, sur les engelures, les plaies atones.
Fourni par une légumineuse, famille des papilionacées
C’est un liquide très sirupeux, brun noirâtre en masse, brun rougeâtre en couche mince qui ne s’épaissit pas et ne se solidifie pas au contact de l’air. Il a une odeur forte aromatique et une saveur amère. Il ne se mélange pas aux huiles grasses, mais partiellement dans l’éther et le benzène. Il se dissout dans l’alcool, le chloroforme, l’acide acétique, mais il est insoluble dans l’eau. Il contient du farnesol, du péruviol, un peu de vanille et surtout 60 à 70 % de cinnaméine (mélange d’esters cinnamiques benzoïques et d’alcool benzylique) qui est un modificateur des muqueuses des voies urinaires et des muqueuses trachéo-bronchiques.
Qualité
La qualité du BAUME du PEROU OFFICINAL offre 52 à 56 % de cinnaméine.
Le BAUME du PEROU se prescrit en onguent dans le catarrhe chronique, la bronchite, pour soigner les dermatoses, les engelures, les plaies atones et surtout la gale par son esterbenzylbenzoïque. Ce produit possède des propriétés antiparasitaires.
Il déploie une action antiseptique, antiprurigineuse et cicatrisante. C’est un fixateur des parfums.
En pharmacie, on trouve PERUOL (HUILE de RICIN et BAUME du PEROU) ; PERUGENE qui est un produit de synthèse destiné à remplacer le BAUME du PEROU naturel.
On peut falsifier le BAUME du PEROU avec de l’alcool, de l’huile de ricin, du styrax, de l’essence de copahu, du benjoin, de la colophane et associer BAUME du PEROU et BENJOIN.
Précautions, Mises en garde
Bien que peu fréquent, le risque allergique au baume du Pérou (Myroxylon Pereirae) existe. Surtout, s’il est associé à l’huile essentielle du même nom.
Cette huile essentielle est très concentrée et il est impératif de mesurer son degré de tolérance à cette substance avant toute utilisation prolongée.
De toute évidence, il s’agit d’une précaution à prendre avec la totalité des huiles essentielles, surtout chez les sujets jeunes, âgés, fragiles ou d’un naturel allergique.
Pour ce faire et tester votre tolérance à une huile essentielle, la technique la plus simple est d’abord de sentir l’huile en question en plaçant le flacon ouvert sous son nez. L’odeur qui s’en dégage doit vous paraître agréable et odorante. Si la sensation que vous ressentez est désagréable voire même répulsive, il se peut que vous vous montriez réactif à cette huile. Ou alors, cette huile ne concerne pas les symptômes dont vous souffrez.
En conséquence : Faîtes un test sur votre peau :
Avant toute application étendue, appliquer d’abord un peu d’huile diluée sur un coin non exposé à l’aide d’un morceau de coton. Vous devez ne présenter aucune réaction (rougeur, démangeaison, sensation de brûlure). Dans le cas contraire, n’utilisez pas cette huile essentielle.
Souvenez-vous de ne jamais appliquer une huile essentielle pure et ni même diluée sur les muqueuses.
3/ Le Benjoin du Laos dit de Siam
Famille des styracacées
On trouve le styrax originaire d’Indochine, Styrax tonkinensis , le styrax originaire d’Indonésie, Styrax benzoin , et le styrax venant de Turquie, Styrax officinalis, aussi nommé Aliboufier.
Commercialement, ces résines sont fréquemment vendues sous les noms suivant, par ordre de provenance : benjoin de Siam ou du Laos, benjoin de Sumatra, et Storax. Le benjoin de Siam a une couleur jaune-brune, le benjoin de Sumatra a une couleur gris-foncé, et le Storax a une couleur noire.
Le benjoin croit en Indochine et à l’île de la Réunion, il est devenu rare. C’est l’écorce qui fait sa richesse. Elle fournit un tanin appelé résine ou benjoin. Solidifiée, cette résine prend l’aspect cristallin de petits cailloux qu’il est alors possible de brûler. Il s’en dégage une odeur douce, légèrement vanillée.
Ses propriétés
Il possède des propriétés balsamiques et s’emploie dans les affections de la vessie et de la poitrine et dans les inflammations des voies respiratoires. Il soigne les rhumatismes.
En dermatologie, c’est un astringent, résolutif des engelures et des crevasses du sein.
Son utilisation est fréquente dans les cérémonies religieuses (liturgie indienne, bouddhiste, ou catholique), associé à d’autres résines.
Utilisations
On en fait un baume multi-usages qui aide à nourrir, protéger et apaiser les peaux délicates.
Il s’utilise aussi dans l’air ambiant. Ainsi, chasse les mauvaises odeurs ou encore purifie la chambre d’un malade. Dans ce cas, son odeur suave, sensuelle et subtilement vanillée, facilite la relaxation.
On appelle pommades par les essences, par opposition à celles faites par infusion des fleurs ou par enfleurage, des pommades qu’on fabrique avec des essences lesquelles lorsqu’elles ont été préparées avec des matières premières de choix, sont d’une excellente qualité.
Pommade à la rose
Ingrédients :
| Graisse blanche | 500 gr |
| Huile d’œillette | 100 gr |
| Blanc de baleine ou cire blanche | 50 gr |
Conseils de préparation :
Fondre la graisse et la cire blanche ou le blanc de baleine ensemble. La fusion étant opérée, on ajoute l’huile, on passe le mélange chaud dans un linge blanc puis on bat dans un mortier de marbre jusqu’à complet refroidissement.
Si la pommade doit rester blanche, on n’ajoute aucune matière colorante.
Mais si elle doit être colorée, on y introduit la substance propre à la couleur qu’on souhaite obtenir.Pour l’avoir rouge, on emploie l’orcanette :
– faire infuser 2 gr de cette matière colorante en poudre dans les 100 gr d’huile préalablement chauffée, – on peut obtenir une nuance jaune en remplaçant l’organette par 1 ou 2 gr de rocou que l’on ajoute au mélange des matières grasses,
– passer ensuite à travers une étamine,
– parfumer avec :
essence de géranium : 5 gr
essence de rose : 1 gr
essence de cannelle de chine : un quart
On ne doit inclure les essences que lorsque la pommade commence à se figer.
Autre formule
| Graisse blanche épurée | 1.000 gr |
| Essence de géranium | 6 gr |
| Essence de verveine | 3 gr |
| Essence de girofle (onéreuse) | 1 gr |
Autre formule moins onéreuse
| Graisse blanche épurée | 1.000 gr |
| Essence de bergamote ou de citron | 6 gr |
| Essence de girofle | 4 gr |
Conseils :
Colorer avec l’orcanette ou la laque carminée.
Pommade fine à la vanille
| Graisse blanche épurée dans laquelle on a fait infuserpendant douze heures 60 gr de benjoin en poudre : | 1.000gr |
| Y ajouter : – teinture de vanille | 10 gr |
| – essence de girofle | 6 gr |
| – essence de citron | 6 gr |
| – essence de cannelle | 2 gr |
| – teinture d’ambrette colorée avec un peu de cacao en poudre très fine | 5 gr |
Autre demi-fine
| Graisse épurée sans benjoin | 1.000 gr |
|
Essence de girofle
|
6 gr |
| Essence de citron | 6 gr |
| Colorer au cacao | 2 gr |
Pommade à l’amande amère
| Graisse blanche épurée | 1.000 gr |
|
Essence d’amandes amères naturelle
|
6 gr |
| Essence de citron, de cédrat ou de portugal | 6 gr |
Pommade à la fleur d’oranger
| Graisse blanche épurée | 1.000 gr |
| Essence de néroli | 8 gr |
Conseils :
Selon choix, colorer avec une pincée de safran. Pour une pommade blanche, on n’ajoute aucun colorant.
Pommade à la violette
| Graisse blanche épurée préparée à l’iris de Provence | 750 gr |
| Corps de pommade à la violette | 250 gr |
On peut encore préparer cette pommade avec :
– graisse blanche préparée à l’iris : 500 gr
– pommade à la cassie : 250 gr
– pommade au jasmin : 250 g.
Les gélules de poudres de plantes, doivent être préparées à partir d’espèces végétales de première qualité et renfermer tous les principes actifs de la plante
La poudre totale, à principes actifs titrés, permet l’assimilation par l’organisme de l’ensemble des constituants de la plante. Lors de vos achats, vous devez demander des gélules de plantes qui doivent vous garantir :
– l’origine et la nature des plantes,
– les principes actifs titrés,
– le contrôle bactériologique.
Pommade mexicaine de Michel et Lance
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Corps gras extrait de cacao
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1 kg |
| Huile de noisette | 1 kg |
| Huile de ben | 1 kg |
| Vanille | 60 gram. |
| Baume blanc du Pérou | 4 gram. |
| Fleur de benjoin | 2 gram. |
| Civette | 3 centigr. |
| Néroli | 5 centigr. |
| Essence de rose | 5 centigr. |
| Esprit d’œillet-giroflée | 30 gram. |
| Eau odorante de citron et de bergamote distillée | 1/2 litre |
Cette crème s’étend sur la figure, le cou, avec le doigt
On humecte ensuite une très fine éponge d’eau légèrement tiède, et on la passe sur la peau enduite de crème, jusqu’à que celle-ci soit complètement fondue ; on termine par essuyer au moyen d’un linge.
Conseils de préparation :
— On fait macérer la vanille dans le beurre de cacao, pendant huit jours, dans une étuve chauffée à 20°. Dans un demi-verre d’alcool, on dissout le baume du Pérou, le benjoin, la civette, et l’on ajoute l’esprit d’œillet à cette dissolution. D’autre-part, on incorpore l’essence de rose et de néroli dans les huiles de ben et de noisette, en remuant le mélange fortement.
Porter à ébullition :
— Les préparations achevées, on verse, dans un poêlon étamé, le beurre de cacao et la vanille, en faisant bouillir doucement au bain-marie. A la première ébullition, on ajoute l’esprit aromatique, et l’on dirige ensuite également l’ébullition pendant un quart d’heure, afin que l’alcool puisse s’évaporer, et en même temps que les arômes et matières résineuses dont il est chargé puissent se fixer dans le corps gras ; alors on ajoute les huiles, et on retire le tout du feu un instant après.
Terminer et mettre dans des pots :
— Cela fait, on verse le mélange dans un mortier de marbre, à travers un tamis, et l’on remue avec un pilon. Au bout d’une heure environ, le mélange s’étant un peu refroidi, présente la consistance d’une crème liquide. Avant qu’il ne soit trop figé, il faut se hâter d’y ajouter l’eau odorante par petites quantités, en remuant avec beaucoup de vitesse. Ensuite pour colorer agréablement la crème, on y jette une petite quantité de carmin clarifié avec de l’eau et de l’alcali volatil. On continue de remuer jusqu’à ce que la pâte soit entièrement refroidie, et c’est alors qu’on la met en pots.


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