Destiné aux initiés des Huiles essentielles

Un peu d’histoire

L’utilisation des huiles essentielles remonte à des temps très anciens

Les plantes, les essences aromatiques, les esprits, les parfums font perpétuellement parler d’eux à travers les âges. Vingt-cinq siècles avant notre ère, la médecine par les plantes existait en Chine. Un empereur chinois, Kiwang II, écrivit le premier ouvrage sur l’art de cultiver, de cueillir, d’utiliser les plantes aromatiques, il mentionnait l’emploi du grenadier, de l’opium et de la rhubarbe.

Dans l’Antiquité, les Égyptiens, les grecs, les romains connaissaient mieux les huiles essentielles que nous. Ils les étudièrent pour se soigner. Leur choix de telle ou telle plante était basé sur l’observation et l’expérience.

On dit que les dieux de l’Olympe recouraient aux parfums pour guérir. Hippocrate sauva Athènes des épidémies de peste grâce à l’utilisation de plantes aromatiques.

Efficacité rime avec authenticité

D’une manière générale, qu’elles soient, selon les cas, employées fraîches, en poudre, en infusion, en décoction, par voie interne ou externe (fumigations, liniments, bains, cataplasmes …) les plantes ont toujours prouvé leur efficacité. Aux seules conditions toutefois, c’est qu’elles aient été récoltées au moment opportun, dans les lieux prédestinés, séchées, conservées avec sérieux et art, afin que leur puissance demeure intacte.

Il y a un grand principe, c’est qu’il faut d’abord les connaître pour les utiliser à bon escient.

Il est aussi à noter qu’à la différence de nombreux médicaments, les plantes ou les essences, judicieusement employées, sauf pour de très rares exceptions, ne sauraient provoquer aucun incident, à fortiori le moindre accident.

Les Huiles essentielles ont une vie

Les huiles essentielles préexistent en majeure partie dans les plantes aromatiques qui alimentent les alambics des distilleries. On en retrouve dans les poils, les canaux sécréteurs, les poches sécrétrices, ainsi que dans le péricarpe. A la distillation par la vapeur d’eau, ces huiles essentielles sont entraînées et séparées de leurs eaux florales. Cependant quelques huiles essentielles ne préexistent pas mais se forment pendant la distillation.

 

Précautions d’utilisation

Règles de base à respecter

Avis médical

Avant chaque utilisation, en cas de doute, se renseigner auprès de professionnels de la santé, tels que des médecins ou des pharmaciens. 

Il existe néanmoins des contre-indications qu’il faut connaître :

– En cas de projection accidentelle d’Huile essentielle dans l’œil et dans les muqueuses

Rincer impérativement l’œil sous l’eau fraîche du robinet pendant 2 minutes puis placer une compresse imprégnée d’une huile végétale (olive, noisette, noyau d’abricot… ) pendant une dizaine de minutes. En cas de contact accidentel avec des muqueuses sensibles (organes génitaux, conduit auditif, nez), il convient d’agir de la même manière: rincer à l’eau puis appliquer une compresse imprégnée d’huile végétale. Et consultez un médecin.

Les huiles essentielles ne doivent pas non plus s’appliquer dans le nez, les oreilles ou sur les muqueuses anales et vaginales. Les injections sont à proscrire et interdites sous toute forme intramusculaire ou intraveineuse.

– Respecter les doses prescrites,

Compte-tenu de leurs propriétés, certaines huiles essentielles sont à utiliser avec précaution. Il faut respecter la dose prescrite par le pharmacien, la fréquence d’application ou de prise, ainsi que la durée d’utilisation. Le traitement est toujours précis.

– Femmes enceintes,

Ne pas remplacer une huile essentielle par une autre, ni procéder à des mélanges sans conseils avisés.

Aussi, chez les femmes enceintes, il n’est pas conseillé d’utiliser les huiles essentielles, en externe ou interne, pendant les trois premiers mois de grossesse. Ces huiles essentielles possèdent des propriétés neurotoxines. Très précisément, l’huile essentielle de menthe poivrée peut perturber la grossesse. Pour les mêmes raisons, les femmes qui allaitent et les enfants de moins de 7 ans ne doivent pas utiliser d’huile essentielle.

Les femmes enceintes, allaitantes, et les enfants ont généralement des dosages et contre-indications spécifiques. Il faut donc se renseigner précisément avant utilisation.

Sans aval médical préalable, aucune huile essentielle ne peut être utilisée avant le début du 4e mois de grossesse. N’hésitez pas à demander l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

– Enfants

Chez les enfants de moins de 6 ans, la prise d’huiles essentielles par voie orale est à éviter, sauf si avis médical contraire. L’ingestion est contre-indiquée chez les enfants de moins de 3 ans.

– Personnes à risques

Les personnes âgées, épileptiques ou asthmatiques doivent également se renseigner sur les risques potentiels avant toute utilisation d’huile essentielle.

Les personnes asthmatiques ne doivent jamais utiliser d’huiles essentielles en aérosols.

– Personnes allergiques

L’huile essentielle peut se montrer allergisante. Les personnes allergiques et à la peau ultra-sensible réaliseront, préalablement à l’emploi de ces synergies, un test de tolérance en appliquant quelques gouttes dans le pli du coude. En cas d’intolérance, une réaction cutanée sera visible en une dizaine de minutes et le traitement devra être supprimé.

Les personnes facilement allergiques doivent faire un test allergique avant tout emploi d’huiles essentielles. 

– Dangers potentiels de certaines huiles essentielles

Irritation cutanée

Certaines huiles essentielles peuvent provoquer une irritation de la peau, des sensations de chaleur ou des démangeaisons. A diluer dans une huile végétale pour une application cutanée.

Allergies

Les huiles essentielles contiennent en quantités plus ou moins grandes des allergènes. Une huile essentielle allergisante doit être utilisée avec précaution et sur une courte période. Un test allergique est à réaliser avant chaque utilisation d’une nouvelle huile essentielle ou d’un nouveau mélange. 

Causticité

Une huile essentielle dermocaustique est une huile essentielle qui provoque des brûlures de la peau et des muqueuses. Les huiles essentielles dermocaustiques doivent obligatoirement être diluées dans une huile végétale avant toute application sur la peau. Elles doivent être utilisées seulement sur des zones très localisées.

Photosensibilisation

Une huile essentielle photo sensibilisante peut provoquer des irritations de la peau et des rougeurs en cas d’exposition au soleil après application. Lorsqu’une huile essentielle photo sensibilisante est appliquée, il est recommandé de ne pas exposer la zone traitée pendant au moins 8h après application.

Hépatotoxicité

Une huile essentielle hépatotoxique peut provoquer des effets indésirables au niveau du foie en cas d’utilisation prolongée. Les huiles essentielles hépatotoxiques ne doivent pas être utilisées en cas de pathologie hépatique : cirrhose, hépatite, insuffisance hépatique ou intolérance au paracétamol. Elles doivent être utilisées à faible dose et sur une courte durée.

Néphrotoxicité

Une huile essentielle néphrotoxique peut provoquer des effets indésirables sur le système rénal. Les huiles essentielles présentant ce risque ne doivent pas être ingérer à forte dose sur une longue durée.

Neurotoxicité

Une huile essentielle neurotoxique peut provoquer des effets indésirables au niveau du système nerveux. Ces huiles sont contre-indiquées chez les personnes épileptiques, les enfants de moins de 6 ans et les personnes neurologiquement fragiles. 

Action hormonale

Certaines huiles essentielles ne doivent pas être utilisées en cas de traitements hormonaux et en cas de maladies hormonodépendantes. Plus précisément, certaines huiles essentielles ne doivent pas être utilisées en cas de cancer hormonodépendant, de mastoses, ou de pathologies liées à un excès d’œstrogènes. Consulter impérativement un médecin dans ce cas.

– Urgence

En cas d’ingestion accidentelle d’un gros volume d’huile essentielle, téléphoner au centre antipoison de la région. Enfin, se laver les mains après chaque massage ou contact avec la synergie tout simplement car la fragrance (odeur) vous accompagnerait longtemps, mais surtout en cas de contact direct avec l’œil.

– Précautions à prendre

En d’absence de posologie sur l’emballage, il est primordial de consulter une spécialiste avant l’utilisation. Il est recommandé de toujours choisir des huiles essentielles de qualité supérieure, totalement pures et naturelles. Après une application cutanée sur la colonne vertébrale ou autre, il convient de se laver les mains et toutes les parties du corps qui ont été en contact avec l’huile essentielle. 

– Tests cutanés

– Toujours effectuer des tests cutanés avant l’utilisation régulière. Également, certaines d’entre elles peuvent causer des brûlures si elles sont mal utilisées.

– Taches pigmentaires

– Les Huiles essentielles ont des propriétés photo sensibilisantes et peuvent provoquer des taches sur la peau lorsque cette dernière est exposée au soleil. C’est le cas pour exemple de l’huile essentielle de zeste de citron.

 

C’est par leur enseignement que beaucoup de choses tombées dans l’oubli renaîtront

 

Indications utiles pour les particuliers et les professionnels

La falsification des essences les unes par les autres ne peut être démontrée facilement. Néanmoins, des méthodes d’analyse et d’investigation, la bio-électronique entre autres, permettent de découvrir ces fraudes.

Avec les esters de synthèse, les chromatographies en phase gazeuse répétées signalent une variation anormale dans la constitution chimique d’une huile essentielle. Elles permettent d’enrichir les vérifications, de mieux connaître la composition des huiles essentielles et leur qualité en vue d’une commercialisation.

Destiné aux particuliers

Actuellement, certaines essences, comme mélisse ou serpolet – une variété de thym – ne seraient pas toutes issues de distillations mais pourraient être des reconstitutions olfactives synthétiques qui ne contiendraient pas une gramme de la plante quoique leur dénomination commerciale d’essence de mélisse ou essence de serpolet soit maintenue.

Les huiles essentielles du Codex (pharmacopée officielle française) sont moins naturelles parce qu’on les modifie pour les mettre en conformité avec certaines normes de densité, d’indice de réfraction, de pouvoir rotatoire ou de solubilité. Les huiles du Codex sont moins chères que les huiles essentielles pures.

Avis aux falsificateurs

Notre santé dépend avant tout du respect des lois de la nature, aussi bien dans notre alimentation et notre mode de vie que dans notre vie spirituelle. Il est inadmissible que tous ces produits, et surtout les huiles essentielles, ne soient pas d’une pureté irréprochable. La mauvaise qualité d’un seul produit ternit la réputation de toute une profession. Les distillateurs, revendeurs, négociants, courtiers honnêtes se doivent de respecter impérativement un rapport qualité/prix optimum, surtout pour les huiles essentielles qui interviennent directement dans presque toutes les circonstances de la vie, favorisant le fonctionnement harmonieux de l’organisme des consommateurs.

Nous apprenons à connaître les Huiles essentielles !

Les procédés indispensables et relativement sûrs qui permettent de discerner la pureté d’une huile essentielle sont toujours les vieilles méthodes empiriques à la portée de tous, usagers ou négociants : ce sont l’odorat, le goût et le regard sur la limpidité et la couleur. C’est pourquoi nous nous pencherons, nous les consommateurs, de plus en plus sur la connaissance des propriétés des huiles essentielles indispensable à leur identification.

Dans certains monastères ou abbayes, des pères cisterciens ont eu la sagesse et la perspicacité de chercher à connaître les plantes et leur mode d’action. Ce furent des pharmaciens et des botanistes et les recettes qu’ils ont laissées n’ont pas vieilli.

Attention aux huiles et produits de synthèse

Avis aux particuliers

Les parfumeurs, cosméticiens, savonniers, fabricants de produits d’entretien, revendeurs négociants recherchent des produits peu coûteux, d’une bonne présentation commerciale et d’odeur agréable. Ces qualités sont plus importantes, aux yeux de certains industriels, que l’obtention d’une parfaite qualité biologique. Un tel choix se fait au détriment de l’éthique du but poursuivi.

En effet, des produits en contact avec la peau ou les muqueuses finissent à la longue par pénétrer dans l’organisme, peuvent devenir irritants et être à l’origine de démangeaison, d’éruption, de coryza, de larmoiement, d’excitation ou de somnolence.

Précautions à prendre

Il est est donc très important :;

  • De vérifier que tous les produits cosmétiques,  de parfumerie ou de parapharmacie, que vous achetez en magasins spécialisés sont fabriqués sans produits synthétiques ou additifs chimiques de synthèse (colorants, émulsifiants, conservateurs) qui rehaussent l’arôme et la couleur ou confèrent une conservation de plus longue durée.
  • De vérifier aussi que les huiles essentielles, par elles-mêmes de véritables pharmacies naturelles, n’échappent pas à cette exigence. Elles doivent être pures et naturelles, qu’elles soient utilisées comme thérapeutique ou produits d’hygiène corporelle et d’entretien.
  • Mais également de savoir que certains modes de préparation altèrent les produits vendus. Ainsi, une huile essentielle peut être extraite à l’aide de solvants chimiques ou reconstituée à partir de formules de synthèse. La composition de chacune est bien définie.

Par exemple, l’essence de Gaultherie peut être élaborée presque exclusivement à partir de salicylate de méthyle, l’essence d’amande amère, formée par de l’aldéhyde benzoïque. Quant à l’essence de menthe poivrée, elle peut être mise en contact avec de l’iode sublimé. Les modes d’extraction, de distillation ou autres manipulations s’opèrent selon ces particularités. Les esters de synthèse sont des produits volatils qu’on trouve lors des distillations fractionnées, ils peuvent disparaître si on pratique une mauvaise méthode d’extraction. L’alcool adultère souvent les huiles essentielles très fluides de bergamote, de bigarade, d’orange, de citron, de cédrat, et les essences de Portugal, de petit grain, de néroli amer ou doux ou de térébenthine.

La vigilance s’impose

On peut se trouver dans un magasin pour choisir une huile essentielle. Toutefois, il est utile de savoir qu’une huile essentielle rare et chère peut être coupée et reconstituée à partir d’huile essentielle moins chère. Autrement dit, elle peut être fraudée par substitution d’une huile essentielle par une autre (essence de cédrat, de bergamote, de citron, de Portugal, de bigarade ou de térébenthine). L’essence de girofle peut être mélangée à de l’essence de cubède; on peut frauder la térébenthine avec de l’eau, une saponification et de l’essence de copayer; et l’huile de pyrole, onéreuse, peut être mélangée à de l’essence de sassafras qui est bien moins chère.

Sources : familiales Y. Reiter naturopathe

Suivre le lien des informations importantes pour lire la suiteSi la nature nous offre des armes, sachons les utiliser d’une manière empirique avec les recherches des Anciens.

Selon les Anciens, l’usage des plantes et des essences pouvaient permettre des « miracles » en matière de guérisons. Les Égyptiens antiques savaient déjà trépaner, anesthésier par des macérations vineuses de plantes …D’une façon générale, en ce qui concernait les plantes, les légumes et les fruits, les exemples abondent qui prouvaient la réalité de leurs actions multiples, généralement puissantes au cours de leurs siècles.

Ainsi Montaigne en parlait déjà presque lorsqu’il disait que « les médecins pourraient tirer des odeurs plus d’usage qu’ils ne font, car j’ai souvent aperçu quelles me changent et agissent en mes esprits suivant ce qu’elles sont ». Mais certains travaux du XXème siècle, ont permis de découvrir dans les essences de plantes des principes divers, hormonaux,  hautement bénéfiques, qui expliquent leur action d’aujourd’hui sur le physique et le psychisme, après utilisation.

Parfumerie et fleurs, prudence

Il sera question plus bas des plantes allergisantes.

Alors,  demander aux médecines parallèles des guérisons miraculeuses, quoique on lise souvent le contraire, c’est aller bien au-devant de désillusions. Dans toute chose il y a toujours les avantages et les inconvénients.

De nombreuses personnes intoxiquées par les médications chimiques se trouvent plus satisfaites des thérapies dites naturelles qu’allopathiques et ont recours aux essences de plantes ne voulant plus prendre aucun risque avec cette médecine. En conséquence, le médecin traitant laisse le choix, voire les informe mais ne doit jamais omettre de les mettre en garde contre les mauvaises utilisations de ces essences.

Oubliées pendant plusieurs années, ces thérapies par les essences aromatiques sont, pour une grande partie de l’opinion, redevenues – d’ores et déjà – des vedettes en matière thérapeutique. En face d’accidents connus de bouche à oreille, de scandales sanitaires rapportés dans les médias,  provoqués par des erreurs, des intérêts pharmaceutiques, des médications chimiques et de synthèse devenues agressives, de nombreux malades ne veulent plus être traités que par les seules thérapeutiques naturelles, au premier rang desquelles il est juste de placer les plantes et les essences.

Toutefois,  il ne faut pas perdre de vue que certaines essences naturelles, mal utilisées peuvent se révéler dangereuses voire même toxiques pour la santé et doivent être prescrites par un praticien phyto-aromathérapeute qui connaît bien les inter-réactions et les dosages. En effet, une grande prudence s’impose lorsqu’on veut passer de la connaissance à la pratique : de graves problèmes peuvent arriver si on est mal informé. De sorte que, bien souvent, seul ce praticien est apte à prescrire ces essences de plantes et une personne non initiée devra se procurer des références très précises avant de se lancer dans l’utilisation de la phyto-aromathérapie..


Étude réalisée. Observations formulées par un médecin du travail

L’Aromathérapie a depuis plusieurs années retrouvé ses lettres de noblesse. Mais si les traitements par les huiles essentielles sont bénéfiques, à condition d’être naturelles, leurs manipulations pourront provoquer des troubles si on ne sait pas les utiliser.

Il a été relevé cet article du Dr Camatta (de Grasse)

Voici une étude parue dans le journal de médecine de Lyon. Elle est le résultat de vingt années d’observation sur les affections professionnelles inhérentes à l’industrie de la Parfumerie. L’effectif soumis à leur surveillance médicale est d’environ 2 500 personnes, mais seuls les 1 500 employés aux fabrications proprement dites sont concernées dans cette étude. Compte tenu des départs et nouveaux embauchés, leurs observations ont porté sur un effectif de 2 120 personnes. La stabilité de l’emploi est assez remarquable dans notre Industrie, il s’agit à 90 % d’une main d’œuvre locale très attachée à son terroir où il est de tradition de travailler dans les Usines de parfumerie.

Manifestations pathologiques. Ce médecin et ses alter ego ont étudié les différentes manifestations pathologiques suivant leur nature, leur fréquence et celle-ci en pourcentage calculé non pas sur le nombre total des travailleurs de notre Industrie, mais par rapport au nombre de ceux qui ont été exposés aux risques. Cette approche n’est pas parfaite, car ils ont souvent des mutations temporaires de service à service. Par ailleurs, disent-ils, suivant le travail effectué, le « contact » avec tel ou tel produit n’est pas le même comme nous allons le voir.

Les manifestations allergiques. Ils n’ont pas examiné les maladies de la profession ayant pour origine directe les moyens d’extraction. Ces moyens ne sont pas propres à la profession, il s’agit particulièrement des solvants, des acides, des bases, etc. dont les nuisances sont communes à des nombreuses industries. Leurs observations ne concernant que les matières premières ou dérivés synthétiques inhérentes à l’Industrie de la Parfumerie et de l’aromatique. Il s’agit presque essentiellement de manifestations allergiques cutanées ou respiratoires dont l’évidence et l’origine sont indiscutables. Ils n’ont pas tenu compte des « patraqueries » digestives par exemple, qui sont trop imprécises et variables suivant les intéressés. Certains accusent en effet « les odeurs » de leur donner des crises de foie, or il n’existe aucune définition précise de la crise de foie : il s’agit d’une véritable entité morbide bien française et qui couvre toute la pathologie digestive fonctionnelle.

Les plantes allergisantes

REACTIONS DERMIQUES, ALLERGIQUES, ECZEMATEUSES

En cause :
1 – La Citronnelle

Il s’agit en général d’un eczéma suintant atteignant la face externe des mains, les espaces interdigitaux, les avant-bras et rarement d’autres régions. Cet eczéma atteint les ouvriers employés dans les ateliers de fabrication où l’essence est manipulée journellement et les magasins de stockage. Il a été relevé 21 cas sur 250 sujets exposés. Fait remarquable, si la citronnelle provoque ces phénomènes, ses dérivés l’hydroxycitronellal et le Géraniol technique n’ont pas été incriminés avec certitude.

2 – Tous les produits terpénés

En particulier les essences d’agrumes sont connus pour leurs réactions dermiques allergiques. Les manifestations cutanées sont analogues à celles dues à la citronnelle, mais la localisation aux mains est exclusive et se complique quelquefois de crevasses et de surinfection. Sur environ 220 sujets exposés, ils a été relevé 16 Cas. La totalité de ces cas s’étant manifestée dans les ateliers de stockage où ces produits sont manipulés.

3 – La mousse

Autrement dit les lichens de chêne ou de conifères sont responsables d’eczémas secs à tous les stades de fabrication, avec prédominance dans les ateliers d’extraction où les mousses brutes sont manipulées (8 cas sur 300 sujets exposés).

4 – L’essence de Vétyver

A pu être rendue responsable dans un seul cas de dermite aiguë.

5 – La vanille

Elle présente un cas particulier où les phénomènes de sensibilisation sont à exclure dans les manifestations de dermites aiguës des régions du corps découvertes : visage, mains et avant-bras, manifestations qui se produisent exclusivement lors du broyage des gousses. Cette dermite aiguë atteint un individu sur quatre exposés ce qui est considérable. Cette réaction a lieu au premier contact si elle doit se faire, ce qui exclue toute sensibilisation. Par contre, les sujets n’ayant eu aucune réaction au cours des premières journées de travail au broyage ne présenteront plus jamais cette affection.

Nombre de cas relevés :
Il a été noté 28 cas d’intolérance sur 120 ouvriers qui ont été employés au broyage des gousses de Vanille. La pathologie de cette dermite aiguë n’a jamais été élucidée et diffère absolument des rares eczémas dus aux manipulations ultérieures du produit d’extraction et de purification de la Vanille (3 cas). Selon eux, on peut rapprocher du cas de la Vanille celui du figuier qui provoque, rarement des manifestations analogues. Toutes les parties découvertes du corps présentent un rach très prurigineux au contact des feuilles.

Les feuilles :
Ces faits sont relativement rares car les manipulations de feuilles n’ont lieu que quelques jours par an au début de l’automne. Par contre, ces faits sont très connus des jardiniers et propriétaires de figuiers, il existe même quelques observations de certains individus sensibles au simple séjour sous un figuier et encore lors de l’élagage de l’arbre. (Il suffit que certaines personnes passent à proximité d’un eucalyptus pour se sentir oppressées. Chez elles, une préparation à base d’eucalyptus peut déclencher une crise d’asthme plus ou moins violente).

LES IRRITATIONS CHRONIQUES DES VOIES RESPIRATOIRES

La poudre d’iris

Inhalée lors du broyage et du chargement des appareils de distillation ou d’extraction elle peut provoquer une irritation aiguë se manifestant par une dyspnée asthmatiforme avec bronchorrhée et expectoration de sang. L’Iris est une fleur allergisante.  Il ne s’agit donc pas d’un simple effet poussière, mais d’une pneumoconiose spécifique due à l’inhalation de la poudre d’Iris totale avant séparation des produits volatils ou solubles. Il en a été noté 5 cas sur 60 sujets exposés. Il est également probable que certains ouvriers soient atteints après un certain nombre d’années de bronchites chroniques d’aspect banal, il s’agit alors d’une simple irritation par effet poussière.

La Mousse d’arbre

Elle provoque également une irritation des voies respiratoires lors des manipulations, du broyage et du chargement des appareils extracteurs ; il n’a jamais été observé d’accidents aigus comme avec l’iris. Mais en raison des réactions cutanées, il est fort probable qu’il s’agit d’une pneumoconiose. A noter que les ouvriers en contact avec ces produits pulvérulents ou poussiéreux sont munis de masques dont ils ne se servent pas toujours, en particulier en période estivale ou le port de ceux-ci est plus ou moins pénible.

Le Lyatrix

Lors de l’extraction des Coumarines, il dégage des vapeurs qui provoquent une irritation des voies respiratoires supérieures avec éternuements, rhinorrhées et épistaxis. Ces phénomènes s’étant produits chez 4 personnes sur employées à cette fabrication, l’appareillage a été modifié par captage des vapeurs, aspiration et rejet en dehors du Laboratoire. Dans le cas du Lyatrix, il n’a pas pu être incriminé l’action anticoagulante des dicoumaroles qui ne sauraient agir par simple contact avec les muqueuses, mais ingestion.

EN CONCLUSION

Certaines matières premières traitées ou transformées dans l’industrie de la parfumerie sont à l’origine d’affections professionnelles aiguës ou chroniques. Mais pourquoi les sujets atteints sont-ils principalement les ouvriers travaillant dans les ateliers de fabrication ou dans les magasins de stockage des produits appelés huiles essentielles ? Il est rarissime d’observer des réactions allergiques au stade des compositions et laboratoires de parfumerie.

Les conditions de travail seraient plutôt en cause. Les ouvriers de fabrication manipulent de grandes quantités de produits dans les ateliers où les appareils de distillation, extraction ou fractionnement sont source de chaleur, la transpiration modifiant les défenses naturelles de la peau. Dans les magasins de réserve où se prélèvent les produits destinés aux compositions, les employés, pour éviter les souillures, doivent se laver les mains soigneusement et ce nettoyage fréquent entraîne une élimination des amino-acides protecteurs des téguments.

Ces conditions ne sont pas les mêmes dans les fabrications plus élaborées, c’est-à-dire au stade des « Compositions » et des laboratoires de parfumerie. Peut-être que ces manipulations y sont effectuées dans de meilleures conditions et que les épidermes intacts sont moins sensibles aux agressions éventuelles. Sans doute aussi les produits arrivés à ce stage ont ils perdu une grande partie de leur agressivité potentielle.

Seul un médecin est habilité à poser un diagnostic en cas de maladie. La médecine naturelle non conventionnelle, ou uniquement allopathique, sera au choix de chacun. Malgré les pouvoirs bienfaisants des huiles essentielles, le traitement par les essences de plantes demande un avis médical.

RECHERCHE DE LA QUALITE

Beaucoup de dermatoses et de troubles variés (nervosisme, vertiges…) proviennent de l’usage de certains parfums ou eaux de Cologne préparés à l’aide d’essences synthétiques employées en raison de leur bas prix. Ces essences sont souvent irritantes pour la peau. De nombreux malades, par ailleurs, doivent leurs troubles dûs à l’utilisation d’eaux de Cologne de mauvaise qualité aux propriétés stupéfiantes, convulsivantes ou allergisantes.

La qualité des huiles essentielles dépend de nombreuses causes parmi lesquelles le procédé d’obtention, l’état de maturation et de conservation de la substance, sa provenance. Il existe des « crus » d’essences : cannelle de Ceylan, verveine des Indes, thym de la Réunion. Le rendement peut varier de 1  à 10. 

Et également du procédé d’obtention, l’état de maturation et de conservation de la substance, ainsi que de sa provenance.

A titre documentaire, voici, pour quelques essences aromatiques, les quantités moyennes fournies par 100 kg de plantes :

– Absinthe : 300 à 400 gr – Eucalyptus : 3 kg – Genièvre : 0,500 gr à 1 kg 200 – Hysope : 400 gr – Lavande : 2 kg 900 – Persil (herbe) : 300 gr – Sauge : 1 kg 400 à 1 kg 700 – Thym (herbe) : 200 gr – Valériane (racine) : 950 gr – Ylang-Ylang (fleurs) : 1 kg 600 à 2 kg

Il faut ajouter enfin que les huiles essentielles sont souvent falsifiées par de l’alcool, des huiles fixes, des huiles essentielles de moindre valeur, certains esters de synthèse, voire même du savon animal et de la gélatine. Mais il existe de nombreux procédés permettant généralement de le reconnaître.

La conservation des essences exige des flacons bien bouchés, leur maintien à l’abri de l’air et de la lumière (verres colorés) afin d’éviter leur oxydation, polymérisation, résinification qui sont présentes lorsque ces précautions ne sont pas respectées.

EXTRACTION

A titre documentaire, voici, pour quelques essences aromatiques, les quantités moyennes fournies par 100 kg de plantes :

– Absinthe :  300 à 400 gr
– Eucalyptus :  3 kg
– Genièvre :  0,500 gr à 1 kg 200
– Hysope :  400 gr
– Lavande :  2 kg 900
– Persil (herbe) :  300 gr
– Sauge :  1 kg 400 à 1 kg 700
– Thym (herbe) :  200 gr
– Valériane (racine) :  950 gr
– Ylang-Ylang (fleurs) :  1 kg 600 à 2 kg  

NOTIONS PHYSICO-CHIMIQUES

Il faut ajouter enfin que les huiles essentielles sont souvent falsifiées par de l’alcool, des huiles fixes, des huiles essentielles de moindre valeur, certains esters de synthèse, voire même du savon animal et de la gélatine.

Mais, il existe de nombreux procédés permettant généralement de le reconnaître.

La conservation des essences exige des flacons bien bouchés, leur maintien à l’abri de l’air et de la lumière (verres colorés).

Lorsque ces précautions ne sont pas respectées, il en résulte, en effet, de l’oxydation, leur polymérisation et leur résinification.


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