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Les roches volcaniques

Les roches volcaniques se forment au cours d’une éruption et leur accumulation conduit à la construction des « appareils volcaniques ». L’étude des roches volcaniques fournit de précieuses informations aux géologues. Il y a des relations à établir entre la structure de la roche volcanique et la montée en deux temps du magma ainsi qu’entre la composition chimique du magma et les caractères de l’éruption.

Phoque

Activité

L’activité d’un volcan donne naissance à des roches volcaniques variées :

– Roches résultant du refroidissement de laves fluides qui s’échappent en coulées ou de laves visqueuses qui forment les dômes :
– Matériaux solides ou pâteux de taille variable projetés dans l’atmosphère sous la poussée des gaz du magma.

En dépit de leur différence de couleur (le basalte est une roche sombre, le trachyte, une roche claire …), la plupart des roches volcaniques semblent formées à l’oeil nu d’une « pâte » homogène terne contenant des cristaux aux facettes brillantes. L’examen au microscope de lames minces de roches permet d’analyser la pâte. On y distingue généralement de nombreux cristaux microscopiques (appelés microlites). Ainsi la très grande majorité des roches volcaniques ont une structure microlitique.

Les microlites et les phénocristaux (cristaux visibles à l’oeil nu) sont séparés par un verre volcanique non cristallisé.
Quelques roches volcaniques ne sont formées que  d’un verre (leur structure est dite vitreuse) ; à l’inverse il arrive que le verre soit absent, la pâte est alors formée seulement de microlites.

La structure microlitique est le résultat d’un refroidissement en deux temps qui correspondent aux deux temps de l’ascension du magma :

– Dans la chambre magmatique, le magma se refroidit lentement (parfois pendant plusieurs années) et il se forme des cristaux dont la taille est de l’ordre du millimètre ou du centimètre ;
– Lors de l’éruption, le refroidissement rapide près de la surface donne les microcristaux (quelques dizaines de microns) et le verre interstitiel.

L’importance de la composition chimique

Toutes les roches volcaniques n’ont pas la même composition chimique. L' »analyse chimique » se fait de deux façons complémentaires :

Par identification des minéraux cristallisés  (pour exemple, voir le tableau 3) ;
Par analyse chimique précise après broyage de la roche et fusion du matériau obtenu. Cette analyse prend en compte non seulement les cristaux mais également le verre volcanique, c’est-à-dire l’ensemble de la roche. Cette méthode, très précise, est également applicable aux roches non cristallisées formées seulement d’un verre.

La composition chimique apporte une information importante :

– Les magmas visqueux sont riches en silice,
– Les magmas fluides sont pauvres en silice.

Connaissant la composition chimique  du magma, on peut donc prévoir la nature de l’éruption, calme (magma fluide) ou explosive (magma visqueux).

L’observation des roches permet aux géologues :

1) d’identifier les différents minéraux ;
2) d’identifier la roche ;
3) de connaître approximativement sa composition chimique.

Le volcanisme du Massif Central

Le volcanisme français se localise surtout dans le Massif central où l’on compte plus de 1000 volcans endormis ou éteints. Les plus vieux sont nés il y a 28 millions d’années.

La chaîne des Puys abrite les volcans les plus jeunes de France. La dernière éruption (celle du Puy de Montcineyre) remonte seulement à 1 500 ans avant J.C. Beaucoup de ces volcans sont très bien conservés.

La chaîne des Puys : un musée volcanologique unique en Europe.

La chaîne des Puys, à proximité de Clermont-Ferrand, est un musée volcanologique unique en Europe ; sur une bande de 7 km de largeur et de 55 km de longueur, de direction nord-sud, sont exposés 94 volcans de petite dimension mais très variés.

Parmi ceux-ci on peut distinguer deux grandes catégories :

1) – Des volcans à cratère dont le cône est formé de coulées assez longues et de projections, bombes, scories, qui caractérisent des volcans faiblement explosifs. C’est le cas du Puy de la Nugère, des Puys de Lassolas et de la Vache …
2) Des volcans sans cratère avec un dôme arrondi ou un cône à aiguille, flanqués d’éboulis, provenant de leur démolition. Il s’agissait de volcans très explosifs avec production de nuées ardentes. C’est le cas du Grand Sarcoui, du Puy de Dôme …

 
 
RÉPONSE : D’après Maurice Krafft.
« Questions à un volcanologue ».
 
« Tout ce que l’on peut dire c’est qu’il serait anormal qu’il n’y ait pas d’éruption dans la chaîne des Puys ou le bas Vivarais dans les 2000 à 3000 ans à venir.
Les arguments en faveur d’un réveil des volcans du Massif central reposent sur des datations d’éruptions qui ont ébranlé le coeur de la France. Entre moins 25 millions d’années et moins 3500 ans (avant 1950, année de référence), l’activité volcanique a presque été continue, les volcans ne s’arrêtant de tonner que pour reprendre leur souffle.
Nous vivons probablement aujourd’hui l’une de ces phases de repos du volcanisme français. Mais que représentent 3500 ans de sommeil pour un volcan ? Pas même une heure de vie d’un homme :
Le Helgafell, en Islande ne s’est-il pas réveillé en 1973 après plus de 5000 ans de repos ?
La chaîne des Puys est évidemment la zone volcanique qui risque le plus une nouvelle éruption, car elle abrite les volcans les plus jeunes de France. Quant au type d’activité qui peut se produire, il est suggéré par l’histoire volcanique de la chaîne, les éruptions futures ayant toutes les chances de ressembler aux activités passées. Environ 70 volcans de la région sont des cônes basaltiques, 20 des cratères d’explosion et 4 seulement des dômes de lave pâteuse. La probabilité est donc forte d’assister à la construction relativement paisible d’un cône basaltique avec des émissions de coulées de lave qui emprunteront les vallées. Ce dynamisme n’a généralement rien de dramatique. Une telle éruption aurait toutes les chances de développer formidablement le tourisme auvergnat ! ».

L’éruption catastrophique de la montagne Pelée

En 1902, l’éruption de la montagne Pelée a provoqué la mort de 28 000 personnes. (La montagne Pelée, seul volcan actif de la Martinique, est un cône de 1 397 m d’altitude qui couvre le 1/8 de l’île). C’est la plus grande catastrophe volcanique du 20 ème siècle. Il est certain que ce volcan se réveillera un jour.

C’est pourquoi la montagne Pelée est l’un des volcans les plus étudiés et les plus surveillés du Monde.