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Peau d’âme

Subirada

    L’ORGUE DE BARBARIE
….Mais dans un coin un homme se taisait :
« Et de quel instrument jouez-vous Monsieur
qui vous taisez et qui ne dites rien ? »
lui demandèrent les musiciens.
« Moi je joue de l’orgue de Barbarie
et je joue du couteau aussi ».
  PEAU D’ÂME

L’histoire misérable de Subirada

La misère et le luxe avaient donné à Subirada une âme de créancier.

Subirada était un employé, fort affable dans son service à la clientèle, obséquieux même mais, qui souhaitait faire fortune dans un hôtel de luxe. Il venait de Catalogne.  Enfant martyr d’exilés au chômage de la péninsule ibérique,  ses parents avaient vécu dans des camps de réfugiés. Et,  il taisait ses origines, mais on finit par les apprendre car il eut de nombreuses altercations avec ceux qui le forcèrent à quitter ce  pays où tout son argent passait pour un logement insalubre. Et à la suite d’une ultime dispute, il décida de poser ses bagages dans un grand hôtel de la Riviera sur les bords de la Méditerranée, sans doute pour assurer les moyens de subsistance dont il avait besoin. Il travailla dans ce complexe hôtelier plusieurs mois où il acquit la réputation d’un être instable et sans le sou. Parfois, on le croyait parti pour toujours puis les clients le voyaient réapparaître avec plaisir avant de l’interpeller enfin.

Alors, on suppose que cette transition d’homme à tout faire avec son monde d’origine était par trop brutale. Car, à l’hôtel,  il se mit à parler de ses problèmes majeurs, de mort et d’argent. Il disait à ses collègues n’avoir pas encore trouvé les remèdes inhérents. D’ailleurs, c’est à compter de cette période que Subirada, dans l’esprit de tous, sembla s’amuser à devenir intelligent…

Un employé modèle

Il faut dire que l’employé se transforma en employé d’étage. Il était toujours le premier à pousser une table roulante dorée dans les couloirs du dernier étage réservé à l’élite, mais toujours le premier aussi, quand les chambres étaient restées entr’ouvertes, à tirer profit de son goût du luxe qui n’avait de pareil que la perspicacité de son œil de rôdeur.

Les paupières rétrécies, il cherchait le détail qui provoquerait la rencontre avec un fait unique. Ah ! ses mains trop grandes s’affairaient au ménage, certes, mais ses yeux très petits, très noirs, qui clignaient comme deux pupilles d’un chien aux abois ne perdaient pas l’once d’une opportunité pour un éventuel rapport.

Une manière à lui de se faire bien voir de la Direction et de prolonger ses instincts de chasseur.

Envie de lucre

Sa vision

Or, il n’était pas de bois quand même. Et quand un regard d’impudence, s’imposa à lui devant l’immense baie centrale inondée de clarté de la chambre 49 mais, aussi dans la salle-de-bains, il avait accroché  ce timide regard de fleurs sauvages aux accents enfantins. ; Et Subirada, cette nuit là,  avait osé rester. Il avait pu entrer dans la chambre car elle disposait d’un sas de couloir pour accéder à la pièce centrale. Et il s’en voulait, d’avoir déshabillé du regard ce couple avec la jeune fille,  dans cette chambre ouverte, mais son esprit n’en avait pas moins vagabondé jusqu’au cuir des chaussures de luxe marrons chaussées aux pieds de cet homme, celui qui avait toujours semblé le narguer. Et sans doute à cause du luxe ostentatoire de la tenue, il avait ressenti un immense besoin de venger la misère des siens. Mais, en réalité, c’était une ivresse pure et inconnue qui l’avait submergé en ces lieux, en dépit de l’arrogance extrême des protagonistes qui faisaient fi de l’ombre de Satan. 

« Retourne-toi  donc jeune fille que je te vois ! mais si par malheur je me suis trompé, un autre que moi se trompera aussi.. »

Le couple

Effectivement, il s’agissait bien, dans cette chambre, de cet homme à la mèche grise qui ne le regardait jamais et qui valait son pesant d’or. Cependant, exsangue, l’espagnol ne voyait sans doute que ces ongles aux ors d’écrins multicolores, si incroyablement petits et brillants. Ces diamants clairs en perles de doigts nus, pour un Subirada avide de curiosité et de sensations, n’étaient-ils pas des joyaux ? Il devait aussi réclamer, dans la pénombre, un spectacle plus appuyé. Et reconnaître la chambre de la jeune-fille. Et entendre ce qu’un père dirait pour réprimander sa progéniture.  Il est vrai que Subirada ne bougeait pas, il imaginait peut-être un scénario familier de couple. Comme une parure lissante, quand les mains de l’homme  caressaient lentement les cheveux couleur de lune de la fille, Subirada en rougissait. Mais elles descendaient trop vite, elles enveloppaient le corps de la fille d’instinct et, l’alliance de cet homme faisait la différence pour noircir encore les yeux de l’espagnol. Son cerveau fiévreux, à la minute même, allait rejeter le début de la décadence.

La morale

– « Ciel, je ne suis pas d’entre les prudes mais, l’homme qui convola en justes noces un matin de printemps. Le sérieux par excellence seulement, j’aime bien les femmes…
Tenez, ça m’indigne ! Et je le dis à la Madone, avec ce regard de famille au fond des yeux,  c’est sa fille !
Et, dans mon pays où vit ma fratrie, il existe une morale et, aujourd’hui, elle est absente du spectacle qu’offrent ces deux. Lui avec sa robe de chambre marine de chez Lauren, griffée de prestige, elle avec ses yeux veloutés, c’est pure immoralité. Avec sa main qui roule, comme une manne, sur sa hanche, c’est pure malhonnêteté, parce qu’il est son père, parce qu’elle est sa fille ! »

Le bouffon de service

– « Me prendrait-on pour le Gourmand de service ? Avec, je ne sais quoi d’obscène dans les pensées ou de délirant dans ma tête ? Moi l’espagnol, je serais une forme de voyeur ? Alors celui qui dit ça vous ment effrontément. Et si vous l’écoutez quel dommage ! J’aime invoquer mon église d’Espagne et son « Christ miséricordieux », mais, dites ! dans un complexe hôtelier de classe, est-ce la coutume que le père d’une brune progéniture à la moue boudeuse, profite d’une jeunesse ? Néanmoins, Subirada n’en finissait pas du spectacle appuyé,  de cet homme et de la fille.

« Ah,  si je regarde c’est parce que l’habitant désinvolte de Neuilly sur seine, que je n’aime pas, est mon client. Est-ce un crime ? »

Alors, la veille, au cours d’un dîner où il avait servi ce client à une table gastronomique, les voisins avaient été témoins des paroles irrespectueuses proférées à l’encontre du gouvernement d’en place. Comment au cours de ce repas, Subirada n’avait-il noyé l’important ?

L’hôtellerie

Il faut savoir que la Direction de Subirada entretenait ses employés dans l’esprit de l’objectif commun de l’industrie hôtelière. Celui-ci  devait être la satisfaction du client. Cependant, la curiosité dans le monde de l’hôtellerie n’en était pas moins présente, elle représentait la clairvoyance professionnelle des meilleurs. Et il s’agissait, selon elle, presque d’une sauvegarde de l’existence. Rester à l’affut de la moindre anomalie s’imposait. On sert, on observe, on sait et on oublie. Et de cela, Subira en aura tiré des leçons.  Il alla même jusqu’à penser que poursuivre des buts impardonnables dans le monde du travail pouvait certes permettre parfois de rêver mais surtout de survivre. Car l’hôtellerie était un métier difficile.

Subirada avait les montures assorties à son complet veston et si elles retombaient sur son  nez trop long quand il prenait les commandes aux tables de l’industrie hôtelière,  il avait appris enfin, non seulement qu’il devait s’ouvrir au monde et relever de nouveaux défis mais aussi à distinguer un pauvre d’un nanti, ou la fille d’une épousée.

Tout ceci allait bien lui servir. Au-delà des cheveux soyeux et des yeux langoureux, et de la similitude d’êtres aperçus l’espace d’un instant, il avait déjà monnayé dans son cerveau  la perversion génétique absolue, le cœur aimant, et l’indifférence glaciale.

Comme de bien entendu, il avait été,  de ce pas, leur faire payer pour que Justice soit faite… La Madone lui pardonnera bien ses petits travers…

Marc le réfractaire, un manifeste dénonciateur

PORTRAIT

Inceste, la sacralisation du père

Combien d’hommes ordinaires ont des vies qui ne sont pas à la taille de leurs actes ! Devant ces destins hors du commun, la famille, si elle aime la plume, se découvre des envies de romancière. Elle ne sert pas un grand Monsieur, elle s’en sert.
Mais envers Marc, c’est par étonnement ou crainte qu’on pècherait plus facilement non par audace. Son histoire est tellement riche en pardons démesurés, en repentirs miraculeux, qu’on serait tenté, non pas de la « romancer », mais de l’écrire en grand pour mieux la comprendre.
Né sur les bords de la Seine dans le département de l’Essonne, il le quitta pour être élevé par ses tantes. A Sens. Jeanne, la plus âgée dirigeait, dans l’Est, une Communauté religieuse. A la fin d’études brillantes, il intégra l’ordre des Jésuites à l’exemple de ses aïeux. Sa tante Jeanne ne concevait pas qu’une autre vocation pût flatter l’imagination de son neveu. Prêtre, il resta dix ans, mais son existence dans cette congrégation, nous est  inconnue. Déchu de sa splendeur, privé de biens, attaché au service de Dieu, il s’était senti, voué à l’oubli et à la pénurie et il quitta les Ordres . Puis il se maria au temple protestant car il n’était pas délivré de ses vœux et s’établit à Paris puis à Bordeaux.
Au temps de l’histoire de ses maux que nous allons raconter ici, Marc était un homme d’affaire de 51 ans qui avait tendance à avoir des sciatiques. Il était marié à une femme végétarienne très prude.

La famille

Toutes les familles devraient être averties du danger qui les menace, en dehors de leurs problèmes de santé, dès lors que la femme est prude.
Il existe dans certaines familles, et surtout celles à longues tendances chrétiennes comme la famille de Marc, une tradition, celle de la secte qui se nomme les chrétiens catholiques.
Tout chrétien, fervent pratiquant envers l’église, pense sans doute être absous de tout. « L’amour du prochain » a des limites qu’ils ont parfois du mal à définir.
Les débuts pénibles, le mauvais choix de ses tantes, avaient aigri le caractère de Marc. Et tout comme son utopie le berçait en matière d’éducation familiale et de discipline domestique, sa rébellion se refusait à se plier aux Lois tant qu’elles ne venaient pas de Dieu. Il se refusait à toucher aux huiles Essentielles.
C’est dire s’il savait ce qu’il voulait, et si son épouse lui en voulait.

Le Saint

Mais subjuguer une partie de sa famille et amis, en s’avouant être un « Saint », après en avoir été réellement un, dispensait des câlins, car il n’en était pas un.
Avant, les espions s’appelaient les Jésuites. Marc avait été un Jésuite, ceux-là même qui se soumirent, en Amérique ; on disait d’eux qu’ils avaient civilisé les habitants. Dans les temps anciens, on les appelait les fakirs catholiques. Bien sûr Marc n’en était plus un.
Comme ces catholiques avaient subjugués le royaume d’Abyssinie, ce même catholique subjugua son enfant innocente au point d’en faire sa reine. En fait Marc n’était pas foncièrement un réfractaire. Il n’était même pas mauvais. Sa femme suscitait son adoration, une jeunesse de plus de vingt ans au-dessous de lui. Ses enfants ne recevaient aucun châtiment corporel, bien qu’il ait été un homme très colérique. Quant à son abnégation de biens chez les Jésuites, elle avait laissé des traces chez lui, la famille reconnaissait qu’il était d’une générosité hors du commun.
Mais il se montrait en homme universel. Même avec sa fille. Car un catholique est universel, d’ailleurs il suffit pour s’en persuader de compter le nombre des fidèles qu’on voit dans tout l’univers. Des familles croient et se soumettent aux pouvoirs des dogmes ; ils ont été pour Marc le comble de son malheur car la doctrine christologique dit que le Saint précisément est initiateur et sait ce qui convient au genre humain.
Il a donc décidé d’initier, lui-même, sa fille.

Sans famille

Marc n’était pas un tyran familial originel ni même un homme ingrat. Le logement de la famille était une grande maison en pierre. Dans la chambre des parents, il avait installé un grand lit avec des meubles, des sièges rembourrés et des plafonds s’élevaient très hauts. Ce fut dans ce logement qu’il câlinait sa fille et que sa femme s’occupait de son régime alimentaire.
Mais si sa femme avait essayé des expériences sur sa personne, elles n’en avaient que le nom car Marc ne se laissait pas commander. Si elle lui préparait un verre d’une boisson d’un légume miraculeux, il s’empressait, de le renverser dans le pot de la plante. Si sa femme lui prévoyait une coupelle d’un mélange de levures des plus finement blutées, il la renversait délicatement derrière le radiateur. Il ne voulait pas de cette médecine : « Je suis un Saint » se plaisait-il à répéter.
A cette époque, Marc ne cessait de se plaindre de problèmes de santé qui le forçaient parfois à s’aliter. Et si durant ces périodes les tisanes avaient remplacé le Mouton Cadet, il disait que c’était le Bon Dieu qui le voulait ainsi.

Nuits

La nuit, il lui arrivait de pousser des hurlements de bête. Sa fille se réveillait en panique car sa chambre était à côté. Sa femme allumait la lumière et tentait de le calmer. Le médecin naturopathique lui conseilla de manger un peu moins le soir.
Les billes noires de ses yeux transperçaient la routine des jours d’un intérêt profond, quand elles avaient fabriqué des amas graisseux et violacées sous ses paupières. Durant ces moments là, il ne disait jamais rien à sa fille ou alors il lui faisait comprendre qu’il la rendait heureuse.
La famille prenait son dîner à vingt heures mais jamais sans la mère. La soirée s’écoulait autour de la table ronde, la mère était couchée parterre sur le carrelage recouverte d’une couverture. Et il exigeait, c’est une justice à lui rendre, qu’il y ait de la viande à la table familiale,  pour ses enfants et lui.
Il fallait « qu’on lui fiche la paix ». La paix, pourtant il ne la fichait à personne, encore moins à sa jeune fille. Marc était amené à de nombreux excès dus à son activité professionnelle, et selon l’opinion de sa femme « la célèbre dénutrition » du Professeur Jean Trémolières était de son ressort.

Marc, né de père inconnu

Sa femme cherchait toujours des solutions chez les pharmaciens pour le soigner. Ce fut à partir de cette période qu’elle décida de modifier son alimentation. Marc, devait rester en bonne condition physique, une gageure…
Mais Marc était devenu un homme irritable. Il aimait faire des scandales partout où il se rendait. Alors, de guerre lasse, un jour, sa femme cessa brutalement de le soigner. Avait-elle considéré qu’il n’en avait plus besoin, que ses traitement n’avaient aucune prise sur lui, ou qu’en fin de compte, il ne méritait pas les efforts qu’elle mettait à son service ? Toujours est-il qu’elle se désintéressa de lui et des causes de ses instabilités, durant un temps assez long.
Mais la mémoire a la vie dure. Un jour les traitements reprirent leurs cours contre rhumes et grippes. Elle conseilla donc à Marc de boire du jus d’Aloe vera. Comme de consommer du miel et de prendre des cuillerées de pollen de fleur. Et, de n’utiliser que des herbacées comme la Primevère pour venir à bout de sa toux. Mais lui , il préférait le chant du cygne, d’horizons voisins, et le cœur du métabolisme de sa fille.

Jeux de cartes

Un jour, après une nuit agitée, le médecin appelé à son chevet détecta une névralgie. Marc avait mal dans les reins, mais une diète de deux jours lui rendit la forme. Et, il réapparut dans les couloirs.
Il ne faut pas en conclure pourtant que Marc était un mauvais homme. Son autoritarisme sans empathie ne l’empêchait pas d’être gentil, drôle, intelligent et prévenant à ses heures. S’il jouait aux cartes avec sa femme et sa fille, il s’arrangeait pour tricher et laisser gagner sa femme. Les amis de sa fille le plongeait dans un mutisme terrifiant. La moindre critique à son encontre, recueillait sa vindicte. La plus belle des églises l’exaltait. Mais la plus commune des petites filles le gagnait par vagues comme il entrait en transes…

Prière de ne pas abuser

Nouvelle parution de Patrick C. Goujon

Biographie

Patrick C. Goujon est professeur d’histoire de la spiritualité au Centre Sèvres-Facultés jésuites de Paris, membre associé du Centre d’études en sciences sociales du religieux (EHESS).

Il est jésuite et prêtre de l’Église catholique.

Prière de ne pas abuser est son second livre. Il a déjà publié Méditez et vous vivrez (Bayard, 2021).

Synthèse du livre

Patrick Goujon a été victime d’abus sexuels durant son enfance par un homme d’église et il s’est rendu compte, dans sa vie d’adulte,  combien les agressions sexuelles qu’il avait subies enfant, avaient modifié sa perception des choses et détruit ses illusions. Un scandale perpétré par un homme d’Église, d’autant plus injustifiable.

Il a toujours peiné à se reconstruire mais le passé lui revint malgré son déni de la chose et l’horreur de ces actes perpétrés sur sa personne,  lui intima l’ordre de parler.

Et si le déni permet aux victimes de survivre, la parole les libèrera, les victimes le savent.

Malheureusement,  dans son cas personnel, c’est en croyant guérir qu’il a touché vraiment le fond.

Et, dans les décombres de son histoire, lui revint cette question lancinante : comment avait-il pu choisir de devenir prêtre à son tour ?

 

Histoire en rapport

 

L’affaire Betty Mannechez n’est pas de l’emprise

Samedi 25 septembre Chroniques criminelles a relaté l’affaire Mannechez, cette histoire familiale hors normes, sur fond d’intimidation, d’emprise paternelle, d’ignoble bêtise humaine de la part de tous ces naïfs qui ferment les yeux par manque d’empathie, par crainte de déranger leur petite vie, qui se taisent aussi par bassesse, et laissent faire.

Il s’agirait de l’histoire d’un « inceste heureux ».

Enfin, c’est ce que la justice en a conclu.

Vous avez déjà vu un inceste heureux vous ? L’affaire Mannechez est une affaire jugée certes, mais elle appelle sûrement quelques commentaires de la part de personnes qui connaissent la réalité de l’inceste et peuvent parler, en toute connaissance de cause, d’aberration de ces deux mots : inceste heureux.

On dit qu’une victime est sous emprise alors qu’il s’agit d’autre chose. Son bourreau la terrorise viscéralement. Jeune, elle se trouve en manque de moyens financiers et si rester auprès de lui semble incompréhensible,  son vouloir n’est plus en cause, mais son pouvoir est paralysé par la peur,  elle tremble. L’emprise semble sous-entendre l’amour. Non, elle n’aime pas son bourreau, elle en a peur.

Il faudrait arrêter de raconter n’importe quoi. La preuve, Virginie, la victime s’est échappée. Pas pour longtemps puisqu’il l’a assassinée. C’est bien de cela dont les victimes ont peur, de la crainte de se faire tuer.

Qui parle d’emprise ?

Alors si même la justice n’a pas la faculté de juger, où allons-nous….l’apparence du bourreau a roulé les têtes des jurés dans la farine, tous ne sont pas alcooliques et illettrés. L’emprise était dans le prétoire, le temps du procès. Mais pas que… Il n’y a pas de Continent plus immoral que le nôtre. Beaucoup pensent que la monogamie est contre nature. Pourquoi pas ? Les femmes sont alors sacrifiées sous l’autel de la monogamie masculine. Regarder ailleurs est légion, seul le devoir les empêche souvent de poursuivre. La justice juge sans doute que l’homme est libre, et laisse ses jurés masculins se montrer conciliants devant leurs besoins de plusieurs femmes.

Pour la satisfaction de sa jouissance, cet homme, méritait 20 ans de prison. Il l’a été certes après le retournement de son arme mais que penser de cette affaire !

Que dire face à un tel drame : les vies de deux personnes sacrifiées car la justice n’a pas appliqué la condamnation, la justice a reconnu un « inceste heureux ».

Cette affaire me révolte. Un inceste n’est jamais heureux, comment accepter de tels verdicts. Qu’ils apprennent à connaître la réalité de l’inceste.

Le Château en verre

Trahisons parentales

Il entra dans la chambre, ce père : quel moment ! ensuite, quelles accumulations de mensonges, de mots d’amours et de trahisons ! Un cœur de père ne peut-il donc rester amour ?  Il n’a pas cherché la lampe car il savait où la trouver. Il a repoussé le drap,  il disait que c’était la chaleur. « Tu sais bien que je ne suis là que pour ton bonheur, donne-moi ta main que je la protège ». En vain, il a parlé de Saints, d’anges, de sa vérité. Dissipant presque un moment les soupçons croyant que je pouvais me lever …

Voici un extrait du Château en Verre.

Ce livre  est en vente sur Amazon sous forme de kindle et de livre broché. Un clic sur l’image

 

 

 

 

Image par Tania Van den Berghen de Pixabay

Ainsi nacquit un sixième sens

 
 
Réalité sans fiction

BRINDILLE

 
 
Alors, le Président s’adressa à elle, face au parterre de Jurés : « Ôtez donc ces cheveux de devant votre visage, afin de l’offrir à l’assemblée !  »
 
 
 
 

Recevoir des visites

Il était une fois, dans une maison à étage située dans le centre de Muralgnac, une jeune fille de 14 ans dont la chambre se trouvait à côté de celle de ses parents. Il semblerait que dans ce couple, personne ne savait à quoi l’autre était occupé. Encore moins ce que ces deux sacrifiaient ou non à cause de la fille. Ils avaient mis au monde cette jeune fille fort appréciable. Seulement, elle les acceptait.
 

 

La mère

En ce qui la concernait, quand elle y pensait, elle avait une fille qui l’étonnait : Les faits acquis étaient qu’elle réclamait sa présence, s’empressait auprès d’elle, « faisait de la sentimentalité bébête », aurait voulu qu’on ne la laissât point seule. Mais enfin, elle n’avait pas que ça à faire, s’occuper de cette enfant qui la réclamait sans cesse !
 
Quand on sait que l’amour maternel est, chez les humains, à l’exemple des animaux, tout simplement composé d’instincts les plus basiques et qu’ils cessent quand les enfants peuvent se débrouiller seuls, on ne peut que s’étonner d’un comportement aussi inamical. Une musique pas maternelle aux sonorités sans doute difficiles à accepter pour une enfant. Par ailleurs, pour ceux qui connaissaient la mère, rien ne les étonnait. La personne était occupée. Elle vaquait à ses occupations chez elle, sans se soucier ni d’eux ni des habitants de la maison.
 
Cette mère pensait : « Cette fille est grande. Elle n’a pas à m’implorer de la sorte ». Sans compter que c’était mission impossible pour elle, d’agir autrement, une âme impénétrable qui avait toujours été élevée à la dure. Par conséquent, auprès de sa fille, elle se sentait étrangère à ses sollicitations. Voilà pourquoi elle était contrainte d’invoquer un manque de temps pour décliner les après-midis en sa compagnie. Elle préférait ne les réserver qu’à Jean, son mari qui la gâtait.
 

Mes draps de soie

Combien de fois ne  m’avaient étonnée, la cinémathèque des froideurs de ma mère alors que les tiers la voyaient sibylline, souriante, parée d’éclats de diamants. Mais ils brillaient si profondément qu’ils cachaient le reste. Mais aussi, la personnalité de mon père, quand ses paroles dispensaient, au sein de son foyer, un sentiment profond de supériorité comme celui de se retrouver au-dessus du cercle des humains.
 
« Voilà celui qui entre dans ma chambre » : avec ses yeux d’enfer, alors que l’épouse dort à côté ».
 

L’arbre et la cloison de la chambre de Brindille

A première vue, elle avait toujours été grande, rassurante, bien meublée, et d’immenses placards muraux installés formaient cloison à celle de ses parents. Mais, quelle erreur de penser y rencontrer le luxe.
 
Dans la chambre, la cloison était redoutable, sinistre ! elle était peinte, pleine, mais pas loin de la porte qui donnait sur le palier, au travers d’elle, il y avait un arbre pour y  pénétrer !
 
Dans la généalogie, incroyable, assurément de constater à quel point l’univers de certains peut écrouler celui des autres. Il y a urgence dans leurs fantasmes. Cherchons-en les causes dans nos mémoires, des tourments lourds d’une traversée titubante ? Non, des actes barbares qui vont ressembler à des mécanismes de précision et se répéter inlassablement.
 
La nuit, l’arbre vert s’approchait sans gronder pour ne pas réveiller l’épouse quand la cloison archivait, ses moindres mouvements. La descente de lit entrelaçait ses racines usées sous un tronc couvert des mousses de sa dignité. Une pendule fluorescente crachait un cinq heures du matin ; on se penchait un moment à la flairer, avant de déployer parmi la soie des draps, des tentacules dénudées par le souffle d’un vent déchaîné. Sans doute, à cet instant fatidique, fallait-il se demander, vision d’arbrisseau planté là, couché au fond d’un ruisseau, qui cherchait appui sur un mur, si on était là pour espérer simplement l’embrasser ou si l’œil affamé allait briser le tabou légendaire qu’il ne s’était jamais posé…
 
Dans sa couche, l’arbre écrasait ses branches sur elle avec sa respiration saccadée. De ses yeux clairs la Brindille avait un constat indigné. Il sortait de ses lèvres pendant l’oraison l’habituelle litanie, dans la langue de Shakespeare. Par l’excès de ses paroles, si on les avait comprises, la foule se serait jetée sur elle ! Et pour cause : La porte de la chambre de la jeune fille qui s’ouvrait laissant s’infiltrer inlassablement l’arbre enveloppé d’un courant d’air glacé, était sans clé. Car dans  l’accès même de sa douleur et de ses plaintes, jamais elle ne s’opposait.
 

L’enfer de Dante

A tout bien considérer, le bonjour, ne magnifierait-il pas l’infamie et l’au-revoir,  ne le sanctifierait-il ? Un abîme d’adresse dans un océan de félonie.
 
Réveillée en sursaut dans l’obscurité par le bruissement du drap qu’on soulève, l’arbre aux longues tiges, arrivait de la forêt. Il venait déranger ses songes. Sirocco d’une nuit, coupables convoitises, il voulait par excès de chaleurs et désirs s’infiltrer dans son lit ! D’abord têtue, elle avait passé ses brindilles de l’autre côté, puis apeurée s’était enracinée contre le mur et celui du silence. Ne plus voir, ne plus entendre.  Ô mais elle avait l’habitude et s’il venait souvent dans sa chambrée, c’était sans crier gare : peu importait aux branches la révolte de sa muse, s’il continuait à se tendre, s’inviter, s’enrouler, saisir sa proie c’est qu’il voulait la forcer à l’intérieur de ce bosquet.

 

Intermède dans la nuit et la honte d’en faire partie

S’il ne me reste que quelques jours à vivre, je t’en fais le serment ici bas. Père : Je te crie ma haine et la famille de ma mère. Tes immenses droits, ne sont que honte d’en faire partie. Circulez,  lignée de canailles !
 
Dans cette chambre, en proie à la bourrasque, les rapaces du ciel, quittaient l’arbre noir, envers et contre tous. Ils s’attachaient à faire ployer la brindille, à cette heure. Et ils revenaient toujours et encore mieux pour la punir. Ils s’abattaient, de faim, consciencieusement contournant les rafales ; Ciel !  l’axe de son épaule baissait sous le poids de la branche, avant que, sous lui, elle ne céda aux forces de l’hiver qui succédait au printemps sans avoir vu naitre ni l’été ni l’automne. Ô, sur la couche, on ne voulait que la recouvrir de chaleur pour éviter les frimats de l’ombre et de la terre, mais encore une fois, l’arbre n’avait pas jailli du seuil pour repartir sans rien. Il allait mourir sur elle avant de mourir sur la Terre, exempté de remords.
 
Tels ces rapaces, ces créatures aux désirs vénériens, qui disparaissent dans la nuit après avoir demandé de se taire.

 

Silence de la nuit

 
Ah ! ces souvenirs qui nous reviennent ! leurs embrassades qui nous honorent, leurs menaces qui nous ont convaincues ! Des carnets qui survivent ensuite comme ces lanternes mal éteintes. De toute évidence, leurs émergences auront brisé définitivement en nous l’accès au monde des vivants ; car, le cœur a ses raisons. Et, au-delà des menaces et des sanctions, des prières silencieuses de l’enfance, des cendres resteront à jamais incrustées dans nos corps et nos têtes ; C’est ainsi qu’une autobiographie d’annales s’éparpillera sur une feuille invisible. C’est quand la douleur chronique se réveille que l’amant, le père, redevient ce charlatan ayant soumis nos tendres têtes à ses besoins.
 
 
Poursuivant son but, après l’injonction de s’ouvrir, son bois vivait et balançait, comme un métronome régulier, porté par les rafales du vent qui soufflaient. Mais son visage durant était aux abois, exsangue : le prédateur avide, traversait l’ouragan de ses traits altérés, prêt à crever celle qui se rebifferait sur la couche. Montée aux dépens de sa majesté l’arbre noir, invisible dans la brume de la nuit, attentive elle écoutait la voix murmurer : “ N’aies pas peur, il est là, il te voit, il ne te fera pas de mal, peut pas s’en s’empêcher, impossible pour moi d’aller les voir, tu sais ». Il parlait des autres grandes fleurs bien sûr.
 
La foi-mauvaise, c’est comme l’amour ou la peur, en admettant qu’elle ne tue pas, elle est indéracinable.

Le concert

Conformément à l’une des Lois divines universelle, celle du Libre-Arbitre, la Nature avait dotée l’âme de la Brindille d’un certain comportement, l’aptitude à l’humour. Que de tonalités suaves épiait-elle lors du concert dans cette futaie. Ses yeux pleuraient… de rire. Baryton pour l’aube, grave au Midi, délivrance basse au couchant du soleil ; pour l’heure, on suintait sur elle de résine âcre comme un serpent visqueux autour de son corps retourné et les yeux de l’immature Brindille flamboyaient sous ses paupières comme deux silex. Dans la nuit, ses rires inondaient l’oreiller d’un nuage de pluie. Sous lui qui haletait, la Brindille guettait le jour qui se levait. Mais la nubile chronométrait encore avec ses petits doigts sur le lit. La fin n’était pas loin. L’arbre finirait bien par rentrer au bois, quand ce serait l’heure. Avec quelques frémissements de plus et la Loi des cycles et du rythme allait se mettre en place dans ce lieu. Les minutes passaient, bientôt, elle ne serait plus enterrée par ce tronc incomplet ; Ce fut alors que le crépuscule vit s’ouvrir deux bourgeons marrons à l’éclat diabolique, lors de l’éclosion,  Au point que ses branches se relâchèrent, libérant sa proie sous lui. Enfin, sur l’ultime labyrinthe, il retomba sur le flan de la colline après l’orage. Les feuilles, arrachées par la violence du vent,  jonchaient à présent la descente de lit du tapis en mousse comme un point final à l’histoire.
 

 

Le portrait du mauvais œil ?

Il ne croisait jamais le regard d’un oiseau en direct. Ses discours envers quelques amis, étaient obscurs. Il détournait manifestement ses yeux des tiers pour mieux cacher ses pensées. Il était comme un feu follet, qui dirige son faisceau avec la plus grande des illusions pour convaincre celui qui vient à sa rencontre. Par conséquent, si l’on conçoit que la vision du père pour ses enfants pourrait être d’une nature imaginaire très solide, on se demande bien comment des Brindilles deviennent la clarté intérieure, d’officiers de la Légion d’Honneur. Ou bien alors, ne verrait-il en lui que la reconnaissance d’un hypothétique moi ?

Pour être plus clairs, comment, dans le tréfonds des forêts, pourront survivre ces fleurs abandonnées dans le lit d’une eau de rivière si personne ne les comprend, ne les fait briller, ne les aide à contempler un monde meilleur ?

 
Oui, les racines sont devenues encens. Je vous invite, prophète psychiatre à m’éclairer
 
Appeler le 119
Enfance en danger

 

 

Un consentement se demande, qu’il consente à s’exprimer…

LA DOMINATION

Accepter de vieillir c’est aussi l’injustice de se préparer à mourir. Comment peut-on y consentir ? Dans le Larousse, le consentement s’exprime ainsi : adhésion et acceptation. Laisser le libre choix, l’expression de la liberté, c’est adhérer. L’expression des limites à cette liberté c’est accepter. On peut très bien accepter de vieillir, mais ne pas consentir. Comme on peut très bien accepter des situations subites, brutalement imposées, sans y avoir consenties.

 

 

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Affaire de consentement dans un cas particulier

Tout le problème aux yeux de la foule sera de savoir prouver le non consentement. Afin que l’on vous croit. Dans l’absolu, on doit donner le droit à l’individu à choisir. Le fait d’avoir consenti : soit autorisé, accepté que quelque chose se fasse ne veut pas dire qu’on avait le choix. Un jour ou l’autre, on a pu accepter par laxisme, par ignorance, par bêtise, par lâcheté, par peur, ou bien même par surprise…, etc. Il faudra donc prouver l’absence de liberté en cet instant.

L’injustice dans un viol

Le dessein du premier a fait irruption, sans son consentement, dans le domaine où était affirmée la volonté de l’autre ; il a détruit ou blessé son corps, ou bien il a réduit à son propre service les forces de ce corps au lieu de les laisser au service de la liberté de celui dont il se sert. Cette invasion dans son domaine privé est bien connue sous le nom d’injustice.

Injustice et pouvoir

L’injustice se manifeste sous deux formes, la violence et le stratagème ; qui forment un tout. User de violence c‘est s’aider de l’enchainement des causes physiques. Empoigner, renverser, immobiliser, compression, pour arriver à ses fins. Si l’on ruse, on s’aide de l’enchainement des motifs.
L’illusion de liberté ou de séduction, la recherche de jouissance, l’adoption d’une interprétation par projection, l’affirmation d’un dirigeant de la nature ayant agencé ces moyens (proposer de l’initiation sexuelle), la recherche des honneurs, l’invention de pouvoirs. Tout ceci n’est que la loi même de causalité reflétée dans l’intelligence ! Tous ces enchaînements pouvant aboutir à un délire.
Alors on pourrait terminer ainsi : dans tout acte quel qu’il soit, l’information est devenue un droit, une obligation morale, le libre-arbitre aussi en matière de consentement. Et la décision appartient en dernier ressort à la personne.

Article par Maya – Édité par Wikio

 

 

 

 

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