Archives de catégorie : Médecine non conventionnelle

Girofle, indications, mode d’emploi, formules

 

 

Le giroflier

Eugenia caryophyllata. Myrtacée
 
 

Le Giroflier est un petit arbre à feuilles gris clair, à écorce lisse, des îles Moluques, Réunion, Antilles, Madagascar

PARTIES UTILISEES : 

  • Les boutons floraux (« clous de girofle ») et l’essence retirée, par distillation à la vapeur, des boutons séchés à l’air.

  • On en extrait 16 à 20 % du poids des clous.

  • Production : 10.000 tonnes de « clous » par an aux îles Zanzibar et de pemba (les 7/8è de la production du monde), 1.000 tonnes à Madagascar …

  • Un arbre donne, en moyenne 7 à 10 kg de clous annuellement.

PRINCIPAUX CONSTITUANTS CONNUS :

– gomme, 
– tanin, 
– caryophylline, 
– huile essentielle : 70-85 % d’eugénol, 
– acéteugénol, 
– alc. méthylique, 
– salicylate de méthyle,
– furfurol, 
– pinène, 
– vanilline,
– caryophyllène …

PROPRIÉTÉS :

usage interne :

– excitant
– tonique utérin pendant l’accouchement
– antiseptique énergique (voir N.B.) – une émulsion a 1 % de clous de girofle a un pouvoir antiseptique supérieur à celui du phénol (3 à 4 fois plus)
– stomachique et carminatif
– antinévralgique et caustique
– antispasmodique
– aphrodisiaque (?)
– vermifuge– anticancer (?)

usage externe :

– parasiticide
– antiseptique
– cicatrisant
– antalgique
– caustique

 INDICATIONS :

usage interne :

– asthénie physique et intellectuelle (déficience de la mémoire)
– prévention des maladies infectieuses (autrefois de la peste …)
– dyspepsies, fermentations gastriques, diarrhées
– flatulences
– affections pulmonaires (tuberculose)
– névralgies dentaires
– impuissance (?)
– parasites intestinaux
– cancérose (?)
– était autrefois préconisé contre les céphalées, la surdité, l’hydropisie, la goutte

usage externe :

– gale
– plaies, plaies infectées, ulcères de jambe
– névralgies dentaires
– taies de la cornée
– lupus
– pour éloigner les moustiques et les mites

MODE D’EMPLOI :

usage interne :

– 2 à 4 gouttes d’essence 3 fois par jour, sur un morceau de sucre ou en solution alcoolique (dose moyenne 0,05 à 0,30 gr = 47 gouttes au gramme)
– préparation à l’accouchement : utiliser le clou de girofle dans les potages pendant les derniers mois de la grossesse. Avant l’accouchement, absorber une infusion de clous de girofle.
– diablotins ou pastilles aphrodisiaques :

sucre ………………………… 500 parties
mastic ………………………… 12 parties
safran ………………………….. 8 parties
musc …………………………….. 1 partie
gingembre …………………….. 2 parties
girofle …………………………… 2 parties
ambre gris …………………….. 4 parties
infusé de marum ………………….. Q.S.

– Faire des pastilles de 0,50 gr à 1 gr. En prendre 4 à 5 par jour.
– Les clous de girofle dans la cuisine quotidienne (potages, ragoûts, marinades …)

usage externe :

– en fumigations
– en lotions, compresses, bains de bouche (solution d’essence ou infusion de clous)

Un peu d’histoire

Il y a une soixantaine d’années, W.A. Briggs utilisait les propriétés antiseptiques de l’essence de girofle pour la désinfection des mains des chirurgiens, des accoucheurs, des infirmières, également celle des champs opératoires. Il traitait, à l’aide de cette essence, les plaies simples ou contuses et infectées, les ulcères de jambe, tamponnait les cavités d’abcès avec une mèche de gaze humectée d’essence pure ou diluée. Il est à rappeler que l’essence de girofle est un excellent pansement du cordon ombilical : elle n’est ni toxique, ni irritante, et douée d’un certain pouvoir analgésique.

Un médecin russe employait l’extrait aqueux fluide de girofle dans le traitement des taies de la cornée, disparu le stade inflammatoire. Les instillations entraînaient l’éclaircissement des taches par résorption des infiltrats et amélioration de la nutrition du tissu cicatriciel de la cornée.

AUTRES

– en frictions contre le lupus, en dilution alcoolique (5 à 10 %)
– contre la gale : voir à lavande : pommade d’helmerich
– pour éloigner les moustiques et les mites : une orange piquée de clous de girofle

N.B.

– Aux îles Moluques, les Hollandais ayant détruit tous les girofliers de Ternate, le pays fut dévasté par plusieurs épidémies inconnues jusqu’alors. Contre la contagion, on utilisait fréquemment autrefois des oranges dans lesquelles on avait piqué des clous de girofle.
– L’eugénol remplace, de plus en plus, l’essence de girofle comme :
– Antithermique
– Antiseptique (tuberculose pulmonaire : 0,80 ct/gr par jour, en capsules)
– En chirurgie dentaire (désinfectant et cautérisant)
– L’essence de girofle entre dans la composition du Koheul, pommade ophtalmique utilisée en Orient.
– L’infusion de girofle, avec de l’acide borique et de la glycérine, donne une liqueur antiseptique (amykos) employée pour la conservation de la viande (un seul clou de girofle ajouté à de bœuf bouilli le conserve 24 heures).

5 – Formules d’élixir dentifrice :

a) essence de cannelle de Ceylan ……………. 1 gr
essence de badiane ……………………………………. 2 gr
essence de girofle ……………………………………… 2 gr
essence de menthe ……………………………………. 8 gr
teinture de benjoin ……………………………………   8 gr
teinture de cochenille ……………………………… 20 gr
teinture de gaïac ………………………………………   8 gr
teinture de pyrèthre ………………………………….   8 gr
alcool à 80 ° …………………………………………….  1 litre

Mêler. Filtrer après 24 heures. Une demie cuillère à café dans un verre d’eau tiède.

b) essence de cannelle …………………………………. 1 gr
essence d’anis ……………………………………………. 2 gr
essence de girofle ……………………………………….. 3 gr
essence de menthe ……………………………………… 8 gr
teinture de benjoin ………………………………………. 5 gr
cochenille pulvérisée ……………………………………. 5 gr
alcool à 80° ……………………………………………….. 1 litre

6 – Vinaigre aromatique anglais (sels pour respirer) :

acide acétique concret …………………………………… 635 gr
camphre ……………………………………………………….. 60 gr
huile essentielle de lavande ……………………………… 0,50 gr
huile essentielle de girofle ……………………………………. 2 gr
huille essentielle de cannelle ………………………………… 1 gr

7 – Voir  sur cet article, la composition de la teinture d’arnica aromatique, de l’essence d’Italie et d’un mélange contre la dyspepsie.

Voir à Romarin, une formule de bain aphrodisiaque.

Voir « Vinaigre des quatre voleurs ».

8 – Les Allemands de l’Ouest avaient mis en leur temps, au point, un anesthésique général à base de girofle. Ce narcotique supprime les injections médicamenteuses préliminaires habituelles obligatoires et permet à l’opéré de retrouver sa lucidité 15 à 20 Minutes après l’anesthésie. L’essence de girofle est douée de vertus narcotiques et le laudanum de Syndenham en contient comme adjuvant de l’opium.

9 – La girofle, qui fut longtemps l’épice la plus coûteuse, fut considérée, pendant des siècles, comme une panacée. Son utilisation en médecine pourrait être beaucoup plus répandue qu’elle ne l’est de nos jours.  

Elle entre, par contre, dans la composition de nombreuses boissons et liqueurs : raspail, cherry, ambroisie …

L’essence de girofle est également employée en parfumerie, dans la confection des encres d’imprimerie, de colles, de vernis.

SPECIALITE :

Gouttes aux essences. 

 
 
 
 
 
 
 

Hysope, aromate et plante médicinale, formules


Plante indigène commune dans le Midi, cultivée dans les jardins comme aromate et plante médicinale

C’est l’Esobh ou herbe sacrée des Hébreux. Hippocrate l’utilisait dans la pleurésie, Dioscoride dans les dyspnées et l’asthme (vin d’hysope ou « cuit en eau » sous forme de décoction). On l’emploie sous forme d’infusions (sommités fleuries et feuilles), ou d’huile essentielle obtenue par distillation de la plante.

 

Hysope

  Hysopus officinalis

 Labiée  

PRINCIPAUX CONSTITUANTS CONNUS :

– hysopine,
– saponine,
– choline (2 gr %),
– silice,
– nitrate de potassium,
– tanin,
– huile essentielle : phellandrène,
– bornéol,
– pino-camphone,
– thuyone,
– limonène, g
– géraniol …

Contenant des cétones (pino-camphone), bien qu’en quantité infinitésimale, l’essence est toxique et épileptisante à haute doses, chez les prédisposés (certaines corporations pour lesquelles elle serait la seule essence végétale capable de produire, chez l’homme, une véritable crise d’épilepsie). Sa toxicité est toutefois moindre que celle de l’absinthe.

PROPRIÉTÉS :

usage interne :

– facilite et modifie l’expectoration. S’oppose à la stase des sécrétions bronchiques (l’essence s’élimine par les poumons)
– antiseptique
– béchique, émollient
– stimulant : excito-bulbaire
– hypertenseur
– sudorifique, diurétique
– digestif, stomachique
– emménagogue
– vermifuge
– anticancer (?)

usage externe :

– cicatrisant, résolutif

  INDICATIONS :

usage interne :

– asthme, rhume des foins, dyspnée
– bronchites chroniques, toux, grippe
– tuberculose (l’essence neutralise la Bacille de Koch à la dose de 0,2 pour mille)
– inappétence
– dermatoses
– rhumatismes
– hypotension
– lithiase urinaire
– fièvres éruptives
– dyspepsies, atonies digestives
– gastralgies, coliques, ballonnements
– leucorrhées
– parasites intestinaux
– états cancériniques

usage externe :

– plaies, ecchymoses
– syphilides, végétations cancéreuses, eczémas

MODE D’EMPLOI :

usage interne :

– infusion : 20 gr pour un litre d’eau. Trois tasses par jour. On peut lui associer (bronchites) les fleurs de mauve, de guimauve, de bouillon blanc.

– alcoolature : 10 à 30 gouttes dans 1/2 verre d’eau.

– tisane anti-asthmatique :

racine d’ache
racine de bardans
racine de chiendent        aa 30 gr
racine d’aunée
feuilles de capillaire            30 gr
marrube
hysope                             aa 3 gr
fenouil (semences)              15 gr
– faire bouillir 3 minutes dans un litre d’eau. En boisson ordinaire.

– huile essentielle :

2 à 4 gouttes sur un morceau de sucre 3 fois par jour, ou en suspension alcoolique, souvent en association avec d’autres semences.

usage externe :

– infusion : 30 gr par litre d’eau. En lavages, compresses (plaies)

N.B.

1 – Pour certains, l’huile essentielle d’hysope, mélangée à l’huile d’olive, à raison de 5 gouttes 3 fois par jour aurait des propriétés anticancéreuses.

2 – L’hysope entre dans la composition de :

Elixir végétal de la Grande-Chartreuse :

mélisse fraîche :. 640 gr
hysope fraîche :  640 gr
angélique fraîche :  320 gr
cannelle : 160 gr
safran : 40 gr
macis : 40 gr

après 8 jours de macération dans 10 litres d’alcool, exprimer et distiller sur une certaine quantité de plantes fraîches : mélisse, hysope. Au bout de quelque temps, on ajoute 1 250 gr de sucre, et on filtre.

Autre formule :

essence de mélisse citronnée  : 2 gr
essence d’hysope :  2 gr
essence d’angélique : 10 gr
essence de menthe anglaise : 20 gr
essence de muscade :  2 gr
essence de girofle :   2 gr
alcool à 80 ° :  2 litres
sucre  q.s.

on colore en jaune avec quelques gouttes de teinture de safran, et en vert avec quelques gouttes d’indigo dissout, ou d’alcoolature de feuilles de sureau.

 

 

Lavande

 
 

Plante très précieuse, commune dans le Midi de la France, en Italie, en Dalmatie où elle croît de 700 à 1 400 mètres (la variété française – la plus anciennement connue – étant la plus appréciée), la lavande jouit de nombreuses propriétés heureuses.

 

LAVANDE

Lavandula officinalis 

    Labiée

 

PARTIES UTILISÉES

– Fleurs et huile essentielle obtenue par distillation de la plante à la vapeur
(production française d’essence de lavande : 75 à 150.000 kg par an).  

PRINCIPAUX CONSTITUANTS CONNUS

– Essence : éthers de linalyle et de géranyle (35 à 55 % d’acétate de linalyle),
– géraniol,
– linalol,
– cinéol,
– d-bornéol,
– liminène,
– l-pinène,
– caryophyllène,
– éthers butyrique et valérianique,
– coumarine.  

PROPRIÉTÉS

usage interne  

– antispasmodique (elle est excitante à doses toxiques)
– analgésique, calmant de l’excitabilité cérébro-spinale (par voie digestive et cutanée) :
– antiseptique, bactéricide, interne et externe
– antiseptique pulmonaire et modificateur des sécrétions bronchiques (béchique)
– chologogue, cholérétique
– diurétique et sudorifique
– tonique, toni-cardiaque et calmant des nerfs du coeur
– antirhumatismal
– augmente la sécrétion gastrique et la motricité intestinale
– antimigraineux
– vermifuge
– emménagogue
– hypotenseur

usage externe

– cicatrisant
– soins de la peau :

Voir la catégorie : Les huiles essentielles en produits de beauté

– antiseptique
– parasiticide, insecticide
– antivenimeux
– régulateur du système nerveux

INDICATIONS

usage interne

– irritabilité, spasme, insomnies
– fièvres éruptives, maladies infectieuses
– mélancolie, neurasthénie
– affections des voies respiratoires : asthme, toux quinteuses (coqueluche), grippe, bronchite,
– tuberculose
– oliguries
– rhumatismes
– débilité infantile
– atonie gastrique (digestions lentes) et intestinales (météorisme)
– migraines, vertiges, hystérie, séquelles de paralysie
– entérite (diarrhées), typhoïde
– cystites, blennorragie
– scrofules, chlorose
– parasites intestinaux
– règles insuffisantes
– leucorrhées – hypertension

usage externe

– plaies de toutes natures : simples, atones (ulcères de jambe), infectées, gangréneuses, syphilitiques, chancres, fistules anales
– eczéma chronique périnéal, péri-anal
– leucorrhées
– brûlures
– affections pulmonaires
– acné, couperose
– piqûres d’insectes, morsures d’animaux et de vipères (traitement d’appoint)
– pédiculose, gale
– pelade.

MODE D’EMPLOI

usage interne

Infusion :

– une cuillerée à dessert de fleurs par tasse d’eau bouillante. Infuser 10 minutes.
(3 tasses par jour entre les repas).
– alcoolature : 40 gouttes, 4 fois par jour, dans un peu d’eau (diurétique)
– huile essentielle : 2 à 5 gouttes sur un morceau de sucre ou en solution hydro-alcoolique, 2 à 3 fois par jour.
– En analgésie, 1 gr à jeun inhibe la sensibilité en laissant l’intelligence intacte mais assoupie.

Vénérologie :

– Perles d’essence de lavande déterpénée à 0,05-0,10 ctgr. 2 à 10 par jour, dans la blennorragie (antiseptique – Analgésique, préférable aux essences de santal, cèdre ou copahu).

– Infusion des 5 fleurs : (Diurétique dans les maladies infectieuses, fièvres éruptives) :

fleurs de lavande ……………. 10 gr 
fleurs de souci ………………. 5 gr  
fleurs de bourrache……….. 5 gr  
fleurs de genêt………………….5 gr  
fleurs de pensée sauvage  5 gr

Une cuillerée à soupe par tasse d’eau bouillante. Infuser 10 Minutes. 3 tasses par jour.

usage externe

 Décoction :

– Une poignée de fleurs pour un litre d’eau.
Faire bouillir 10 Minutes. Ajouter un litre d’eau (à utiliser en injections vaginales dans les leucorrhées). – une poignée dans 1/2 litre d’huile d’olive. Placer au bain-marie pendant 2 heures. Laisser macérer une nuit. Passer à travers un linge et utiliser en onctions contre l’eczéma sec. 

– alcoolat :

– en lotions et frictions (rhumatismes).

Essence pour lavages, irrigations, pansements des plaies et brûlures :

– essence de lavande déterpénée ………………. 100 gr
– sulforicinate de soude (33 %) …………………. 900 gr
  à utiliser à la dose de 2 à 4 % dans l’eau.

Également pour vaporisation dans les salles publiques (solution à 2 %).

– associations bactéricides et cytophylactiques (plaies atones).

essence de thym      
essence de lavande       
essence de lavande ou   
essence de citron déterpénée      
carvacrol

Également contre plaies et brûlures :

– essence de lavande associée à d’autres essences dans le « Solvarome », en applications simples ou en dilution dans l’eau,
– huile aromatique pour badigeonnage des plaies atones :

essence de lavande ……………………….. 10 gr
huile d’olive ………………………………….. 100 gr

– plaies syphilitiques, chancres, fistules anales, pelade : attouchements à l’essence déterpénée
– leucorrhées, soins intimes :

borax pulvérisé ……………………………………. 100 gr
essence de lavande déterpénée …………..     5 gr

à séparer en sachets de 10 gr : un sachet dissout dans un litre d’eau tiède, pour injections vaginales.

– pommade pour fissures anales :

lavande déterpénée ……………………………. 1 gr
huile de vaseline ………………………………..  5 gr
oxyde de zinc ……………………………………. 10 gr
sous-nitrate de bismuth ………………….   4 gr
vaseline blanche ………………………………. 15 gr 

– pommade d’Helmerich (contre la gale) :

gomme adragante ………………………………… 1 gr
sous-carbonate de potasse ………………. 50 gr
soufre sublimé …………………………………… 100 gr
glycérine …………………………………………….. 200 gr

essence de lavande ………………..)
essence de citron …………………..)
essence de menthe ………………. )           aa 1 gr
essence de girofle ………………… )
essence de cannelle ……………… )  

– lotion stimulante de Sabouraud :

teinture d’essence de lavande …………… 30 gr
acétone pure …………………………………………. 30 gr
eau distillée ……………………………………………. 30 gr
nitrate de sodium pur ……………………..   0,50 gr
nitrate de pilocarpine ……………………….  cinquante ctgr
alcool à 90 ° ……………………………………….  qsp 250 cc

en frictions quotidiennes du cuir chevelu.

Piqûres d’insectes :

– Frictionner avec un mélange d’essence de lavande et d’alcool à parties égales
– Décoction ou « laits » de lavande pour les bains généraux (enfants fragiles),
– Ces bains sont sédatifs (troubles nerveux, insomnies),

A prendre de préférence le soir.
Alterner avec le romarin, pin, acore, algues.


 

GRANDE LAVANDE OU ASPIC

Lavandula spica

 

– Cette variété de lavande pousse au bord de la mer jusqu’à 5-600 m. d’altitude. On en tire l’essence d’aspic (calmant de l’excitabilité cérébro-spinale). L’essence d’aspic, contrairement à la précédente, contient peu d’éthers calculés en acétate de linalyle, mais une quantité plus ou moins importante de camphre. On l’utilise notamment comme insecticide et dans l’industrie des vernis.

– Les insectes ont, en outre, créé un hybride : le Lavandin.
– En Grande-Bretagne, dans la région de Mitcham, on trouve également une lavande appréciée.

AUTRE UTILISATION

L’huile de lavande peut être utilisée en massage à partir de l’âge de 3 ans. Il faut la diluer dans une huile neutre, avec 2 ml pour une goutte d’huile essentielle. Son utilisation la plus connue est en répulsif anti-poux sur la tête de nos bambins. Dans ce cas, ne pas dépasser 1 à 2 gouttes tous les matins derrière les oreilles, ou sur les chouchous pour les filles quand elles ont les cheveux longs.

N.B.

– L’ essence de lavande a des propriétés antivenimeuses bien connues de certains chasseurs. Dans les Alpes, lorsque leurs chiens sont mordus par des vipères, les chasseurs cueillent de la lavande, la froissent et en frottent les animaux mordus. Le venin est immédiatement neutralisé.
– A la dose de 4,5 %, l’essence de lavande tue le bacille d’Eberth (typhoïde) et le staphylocoque.
– A 5 %o, elle détruit le bacille de Loeffler (diphtérie) : 1926.
– Son pouvoir antiseptique est plus puissant que celui du phénol, du césol et du gaïacol.
– L’essence de lavande tue le bacille de la tuberculose à la dose de 0,2 % (Professeurs Courmont, Morel, Bay).
– Les vapeurs détruisent le pneumocoque et le streptocoque hémolytique en 12 à 24 h.
– Dans l’Antiquité, l’eau de lavande était utilisée pour combattre les blépharites.


EAU DE LAVANDE

fleurs de lavande (fraîches) …………………. 60 gr
alcool à 32 ° ………………………………………… 1 litre 

Laisser macérer un mois et filtrer.

– Les fleurs de lavande servent à aromatiser le linge et le préserve des mites

Voir :

– à Eucalyptus la formule pour inhalations,
– à Girofle la formule du vinaigre aromatique anglais,
– à Niaouli la formule de l’essence algérienne.

SPÉCIALITÉ :

Bains « les Algues aux Essences »

– Gouttes aux essences – Aromasol.

 
 
 
 
 
 
 

Marjolaines, propriétés, mode d’emploi

LES MARJOLAINES

Marjolaine Origanum vulgare

 

1/ Marjolaine sauvage

Origanum majorana, Labiée

Synonymes

Grand origan, marjolaine à coquilles.

Aire de production :

spontanée en Perse, toute la côte méditerranéenne, Allemagne, Hongrie, Yougoslavie …

Parties utilisées :

– Sommités fleuries, essence.

PRINCIPAUX CONSTITUANTS CONNUS :

– Huile essentielle obtenue par distillation à la vapeur d’eau : 85 % d’un mélange de camphre et de bornéol (Bruylants), terpinène, sabinène …

PROPRIÉTÉS :

usage interne :

– antispasmodique
– vagotonisant (augmente le tonus du parasympathique et diminue le tonus du sympathique), hypotenseur
– vaso-dilatateur artériel
– émousse la sensibilité, assoupit (à hautes doses, l’essence de marjolaine est stupéfiante.
– carminatif (augmente le péristaltisme intestinal)
– expectorant
– digestif
– anaphrodisiaque

  usage externe :

– vulnéraire
– fortifiant
– antalgique

INDICATIONS :

(comparables à celles de la menthe et du thym) :

usage interne :

– anxiété
– spasmes digestifs (aérophagie) et respiratoires
– syndromes artéritiques
– insomnies, migraines, tics
– psychasténie (neurasthénie), instabilité psychique
– météorisme
– éréthisme génital

usage externe :

– asthénie, débilité (bains)
– névralgies rhumatismales
– coryza

MODE D’EMPLOI :

usage interne :

– infusion :

une cuillerée à dessert de plante coupée pour une tasse d’eau bouillante.
Infuser 10 minutes. 2 à 3 tasses par jour.

– essence :

5 à 6 gouttes sur un morceau de sucre, 3 à 4 fois par jour.

– hydrolat :

5 à 20 gr par jour, soit seul, soit associé à d’autres antispasmodiques :

hydrolat de marjolaine                50 gr
hydrolat de valériane             aa 25 gr
hydrolat de laitue
1 à 3 cuillerées à soupe au coucher (anxiété, insomnies)

– oléo-saccharure antispasmodique :

– essence de marjolaine                 cinquante gouttes
– sucre blanc                                  aa 25 gr
–  lactose
– une cuillerée à café dans une infusion, au coucher.
–  teinture d’arnica                        300 gouttes

–  alcoolat de racine de mandragore 100 gouttes

–  hydrolat de marjolaine              qsp 100 cc
– une cuillerée à café 2 fois par jour (syndromes artéritiques)

usage externe :

– la marjolaine est supérieure au thym pour les bains fortifiants.
– contre le coryza : respirer l’infusion
– contre les algies rhumatismales : compresses avec l’infusion ou frictions à l’aide d’une pommade contenant de l’essence (1 à 2 %).

N.B.

  1. – L’essence de marjolaine neutralise le bacille de la tuberculose à la dose de 0,4 %.
  2. – Pour préserver leur voix, les chanteurs ont, de tous temps, bénéficié de recettes très diverses :
    – infusion de marrube sucrée avec du miel, bouillon de chou ou d’ail, boulettes composées de poudre de moutarde et de miel …
    L’infusion de marjolaine édulcorée au miel fait partie de l’arsenal.
  1. – On utilise également le gingembre sous forme de poudre « comme topique rectal pour forcer les chevaux à relever la queue, signe de vigueur et de race toujours apprécié des fervents de l’hippisme ».

 

2/ Marjolaine

Origanum vulgare

(origanum floribundum, origanum glandulosum,

Labiées

Afrique du Nord

SYNONYMES :

Marjolaine sauvage, grande marjolaine …

PARTIES UTILISÉES :

sommités fleuries, essence

PRINCIPAUX CONSTITUANTS CONNUS :

huile essentielle (thymol et carvacrol), gomme, résine.

PROPRIÉTÉS :

usage interne :

– sédatif antispasmodique
– apéritif
– stomachique
– carminatif
– expectorant (fluidifiant des sécrétions bronchiques)
– antiseptique des voies respiratoires
– emménagogue

usage externe :

– parasiticide
– antalgique

INDICATIONS :

usage interne :

– inappétence
– atonie gastrique (digestions lentes)
– aérophagie, ballonnements, surtout des psychopathes (malades imaginaires ou mentaux)
– bronchites chroniques, toux d’irritation (coqueluche)
– tuberculose pulmonaire
– asthme
– rhumatismes aigus ou chroniques, rhumatisme musculaire
– absence de règles (en dehors de l’état de grossesse)

usage externe :

– pédiculose
– rhumatismes musculaires et articulaires
– cellulite

MODE D’EMPLOI :

usage interne :

– infusion : une cuillerée à dessert dans une tasse d’eau bouillante. Infuser 10 minutes. Une tasse avant, pendant ou après chaque repas.

– essence : 4 à 6 gouttes sur un petit morceau de sucre, 3 à 4 fois par jour.
– extrait fluide : 3 à 5 gr par jour, fractionnés.

usage externe :

– cataplasmes recouverts d’un cataplasme chaud de son ou de farine de lin (algies rhumatismales ou musculaires).


– liniment antirhumatismal :
essence d’origan ………… 5 gr

alcoolat de romarin …. 95 gr
en frictions sur les parties douloureuses.


– pommade anticellulalgique :

  • alcoolature – ou extrait fluide – de lierre grimpant : 5 gr
    essence d’origan : XX gouttes
    lanoline : 20 gr
    axonge ou vaseline : 40 gr
    également traitement de la cellulite
    pommade anti-rhumatismale.

– pommade contre la pédiculose (Renaudet) :

  • essence d’origan
    essence de verveine : aa XV gouttes
    essence de thym
    essence de géranium
    cire blanche fondue : 5 gr
    vaseline : 85 gr

N.B.

– Voir à romarin : formule de bain aphrodisiaque.

 

SPECIALITE :


Origanyl.

 

 

 

Romarin, propriétés

Commun dans le Sud de la France (Provence), en Italie, Espagne, Tunisie, Dalmatie …

On l’utilise dans la cuisine pour parfumer la viande et, à l’origine, la rendre plus digeste, en infusions (sommités fleuries, feuilles), ou sous forme d’huile essentielle obtenue par distillation à la vapeur des sommités fleuries (100 kg de plantes fournissent environ 1,500 kg d’essence)

 

 

ROMARIN

Rosmarinus officinalis.

Labiée

Synonymes :

herbe aux couronnes, herbe des troubadours, rose marine …

 

PRINCIPAUX CONSTITUANTS CONNUS :

– Huile essentielle : pinène, comphène, cinéol, bornéols (15 %), des camphres, résine, principe amer, saponine …

 PROPRIETES :

usage interne :

– stimulant général (comme menthe, mélisse, sauge, thym) et cardio-tonique, stimulant des cortico-surrénales
– hypertenseur (Caujolle, Cazal)
– stomachique
– antiseptique pulmonaire et béchique
– anti diarrhéique, antifermentescible
– carminatif
– antirhumatismal et antinévralgique
– antigoutteux
– cholagogue et cholérétique (l’infusion intra-veineuse, chez l’animal, double le volume de la sécrétion biliaire. Expérimentations par tubages duodénaux de Parturier et Rousselle).
– emménagogue
– céphalique
– diurétique et sudorifique
– antioxydantes : elle combat la fatigue et la déprime. Préparer des infusions à base de la plante séchée ou fraîche.
usage externe :
– cicatrisant des plaies et brûlures, résolutif
– parasiticide

INDICATIONS :

usage interne :

– asthénies (faiblesse générale)
– surmenage physique et intellectuel (perte de mémoire)
– hypotension
– impuissance
– chlorose, adénites, lymphatisme
– asthme, bronchites chroniques, coqueluche, grippe
– infections intestinales, colites, diarrhées
– flatulences
– hépatisme, cholécystites, ictères par hépatite et par obstruction, cirrhoses, lithiase biliaire.
– hypercholestérolémie
– dyspepsies atoniques (digestions difficiles), douleurs gastriques
– rhumatisme, goutte
– dysménorrhées (règles douloureuses) et leucorrhées
– migraines
– affections du système nerveux : hystérie, épilepsie, séquelles de paralysies, faiblesse des membres.
– troubles cardiaques nerveux
– vertiges, syncopes

  usage externe :

– plaies, brûlures
– rhumatismes
– douleurs musculaires
– pertes blanches
– pédiculose, gale
– fatigue générale, débilité des enfants, faiblesse de la vue (bains)

MODE D’EMPLOI :

usage interne :

– infusion : (feuilles ou fleurs) : 1 cuillerée à dessert par tasse d’eau bouillante. Infuser 10 minutes. Une tasse avant ou après les repas.

– extrait fluide : 3 à 5 gr par jour.

– huile essentielle (50 gouttes au gramme) : 3 à 4 gouttes, 3 ou 4 fois par jour, sur un morceau de sucre ou en solution alcoolique.

usage externe :

– en compresses dans les rhumatismes : décoction avec une poignée par litre d’eau. Bouillir 10 minutes.
la même décoction en injections vaginales (leucorrhées), en lotions des plaies.
– en frictions avec une solution alcoolique d’essence à 2 % (rhumatismes).
– essence de romarin + huile d’olive, en frictions contre les douleurs musculaires.

– liniment antirhumatismal :

teinture de gingembre ……………………………. 40 gr
essence d’Origan   …………………………………. 2 gr
alcoolat de romarin ………………………………. 60 gr

– en frictions

En bains fortifiants (surtout pour les enfants) et contre les rhumatismes, la faiblesse de la vue.
Prendre ces bains de préférence le matin.

– bain aphrodisiaque :

muscade concassée ………………………………………. 50 gr
romarin ……………………………………….)
sauge …………………………………………)
origan …………………………………………)   aa           500 gr
menthe ……………………………………….)
fleurs de camomille ……………………….)
eau bouillante

Laisser infuser 12 heures, et ajouter :

teinture de genièvre …………………………………… 100 gr
teinture de girofle ……………………………………..  100 gr

pour un grand bain.

– pédiculose, gale, voir à cannelle la formule du Salvol I (linfusion des feuilles et des fleurs dans l’esprit de vin a toujours été recommandée dans le traitement de la gale).

N.B.

  1. – L’essence de romarin est fortement épileptisante et, comme l’essence de fenouil, rend les animaux craintifs. Alors que les essences de sauge, d’absinthe, d’hysope – épileptisantes également – rendent les animaux agressifs.
  2. – L’alcoolat de romarin (élixir de jeunesse réputé obtenu par distillation de cèdre, romarin et térébenthine) portait autrefois le nom d' »Eau de la Reine de Hongrie » (1370). Il passait pour avoir transformé une princesse septuagénaire, paralytique et goutteuse, en une séduisante jeune fille qui fut demandée en mariage par un roi de Pologne.
  3. – Le romarin entrait dans la composition du « Vinaigre des 4 voleurs ». Il entre dans la composition du vin aromatique, des baumes tranquilles, de l’eau de Dardel (stimulant), de l’alcoolat vulnéraire du Codex (pour les contusions), du baume nervin (stimulant, antirhumatismal), de l’onguent de romarin (pédiculose), d’onguents pour usage vétérinaire …
  4. – Voir à « menthe » une formule d’élixir dentifrice.

SPECIALITE :

Bains « Les algues aux essences ».

article en rapport : Borneol, camphre de Bornéo