Archives de catégorie : Histoire de l’art

Pour saluer le méandre

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NOTRE PLANÈTE

UNE ARTISTE QUI EN A FAIT SON ART

Choix d’expositions

Danái Strátou, connue à l’étranger sous le nom de Danae Stratou, née à Athènes en 1964 et formée à Londres, est une artiste travaillant dans le domaine des installations multimédia. Elle est l’auteur d’installations qui associent bandes et  images projetées à des composants naturels tels que l’eau, la terre, le métal. vidéo

Le cœur de son travail consiste en des installations extérieures et intérieures à grande échelle. Dans son travail, elle utilise différents médias, des éléments naturels aux technologies numériques comme la vidéo, la photographie et le son, ainsi que du texte, des composants architecturaux ou des constructions métalliques, créant ainsi des environnements et des installations audiovisuelles tactiles.

Ne dit-on pas parfois que l’art est une science inutile ? Dans le cas de Danae Stratou, nous ne pouvons penser de même, puisque le sien se plait à représenter notre planète Terre. Mais n’oublions jamais que l’art en soi ne signifie rien, qu’il est inutile et temps perdu, qu’il ne se complait qu’à une seconde représentation de la nature elle-même.  Comme elle est si belle, l’art y puise sa source de beauté et d’inspiration. Toute œuvre d’art n’est donc qu’un doublon.

Une artiste accomplie

Artiste très remarquée lors de l’exposition collective Transcultures organisée dans le cadre d’une Olympiade culturelle au Musée national d’art contemporain d’Athènes, elle avait déjà représenté la Grèce à la Biennale de Venise en 1999 et à celle de Valence en 2001.

Son art vise à réconcilier nos perceptions avec l’instinct que nous gardons des rythmes universels.

Ainsi a-t-elle réalisé, de 1995 à 1997, avec deux autres artistes grecs, sous le titre de Desert Breath, l’immense spirale de sable qu’on a pu voir s’élever en Égypte à El Gouna, au bord de la mer Rouge.

 

 
 
 

Houellebecq

 Mise à jour article 2010

L’écrivain Michel Houellebecq

 
Michel Houellebecq en 2016 – Auteur Fronteiras do Pensamento

Séance de dédicace à la librairie Mollat à Bordeaux. Un RTT consacré à l’écrivain, Michel Houellebecq, sociologue, au même titre qu’il est ingénieur agronome informaticien. Depuis la parution de son premier roman, publié il y a seize ans, Extension du domaine de la lutte, il n’a cessé d’écrire sur la réalité sociale.
La carte et le territoire a été plébiscité par les lecteurs : 200 000 exemplaires vendus. Son Goncourt était proposé en téléchargement gratuit par Florent Gallaire voir l’article.
Mise à jour du 2/12/2010: Florent Gallaire a retiré le 1er décembre le fichier de son site, accédant ainsi à la demande de Flammarion. Il ne reconnaît cependant aucun délit.
Préciosité et descriptions. L’écrivain Michel Houellebecq porte la marque de la philosophie de son temps. Celle des histoires. A chaque fois, dans ses livres, il fournit des données importantes qui dispensent de les rechercher dans les matériaux des sciences spéciales respectives ou dans des livres anciens. Dans la carte et le territoire,  c’est le fil conducteur du souvenir qui captive, alors on se plonge avec le plus grand intérêt, du début jusqu’à la fin, sans discontinuer,  dans son récit.
Reconnaissance d’une aristocratie intellectuelle de la nature. Rien ne semble plus vrai chez cet écrivain que ses expériences, ses récits de voyages, ses livres d’histoire, de sectes, de Raéliens, car des pensées sont uniquement en jeu, et il a le génie de savoir les retranscrire.  Il mérite d’être lu car il donne toujours les preuves. Selon certains, il nous procure des oeuvres d’un esprit d’élite, et il est d’un grand intérêt de le connaître pour s’élever à une culture véritable.
Récemment il a publié,  Sérotonine, avec sa vision du monde bien déprimante. Mais, bon, c’est de la belle prose Houellebecquienne remarquablement misogyne et homophobe d’un auteur vraiment désespéré. L’est-il vraiment ? Il vient pourtant de convoler. Espérons qu’il l’aime plus que celles dont il parle dans ses livres.
Sérotonine, un nouveau roman d’anticipation, comme prémonitoire avec le mouvement des Gilets jaunes. Meilleur que nos responsables politiques en place, lesquels n’avaient rien anticipés !  Michel Houellebecq parle de la France rurale proche de la misère. Souvent ironique, voire cynique, dans ce livre, l’écrivain décrit avec beaucoup d’empathie la vie difficile des agriculteurs.
 
 
 

Marcel Proust

 

 

  

 

 

Actuellement, nous parlons beaucoup de l’œuvre romanesque de Marcel Proust, écrivain Français né en novembre 1922. C’est en effet, bientôt l’anniversaire de sa mort qui eut lieu à Paris le . L’œuvre principale est une suite romanesque intitulée À la recherche du temps perdu, publiée de 1913 à 1927.

Les plus grands écrivains du siècle ont parlé de Marcel Proust, soit pour le louer, le condamner, se situer par rapport à lui. Le 18 novembre 1922, le numéro d’hommage de la N.R.F. (1er janvier 1923) a permis de connaître la place que l’auteur de la Recherche du temps perdu occupait alors parmi ses confrères, qui sous-entend la génération de 1870¹.

Si je m’intéresse à Proust pour avoir l’envie de rédiger cet article aujourd’hui, c’est en rapport avec l’image de mon père et  son livre de chevet « La recherche du temps perdu », qu’il reprenait invariablement en boucle lorsque un tome s’achevait. Je me suis toujours demandée la raison un tel engouement. Et j’ai interrogé les archives pour constater qu’après une interruption, malgré quelques critiques acerbes, la gloire de Proust, sa popularité parmi les nouveaux écrivains et critiques avaient toujours été au plus haut. Je ne m’étonnais plus de l’intérêt de mon père.  Les affres de l’Histoire, le ralentissement de la littérature engagée prônée par Sartre, les nouvelles recherches  techniques avaient renforcé ce mouvement.

L’accueil des écrivains en témoigne particulièrement.

Barrès, France

Anatole France avait préfacé Les plaisirs et les jours; A la fin de sa vie, il semble qu’il avait cessé de lire Marcel Proust, il ne le comprenait plus. « Je ne comprends rien à son œuvre. Il était agréable et plein d’esprit. Il avait un sens aigu de l’observation. Mais j’ai cessé de le fréquenter très vite². » Barrès, très populaire parmi les étudiants de 1890 , s’exprime dans son « hommage » comme un ami de Mme Verdurin, soit qu’il place sa propre œuvre bien en deçà, soit qu’il n’ait pu déceler sous les traits du jeune homme mondain « le plus aimable », un écrivain :

« Permettez-moi d’ajourner de m’en faire à moi-même une idée claire et bien vérifiée. Ce que je comprends, c’est que « cela existe ». Ce que j’enregistre, c’est l’opinion d’un Rosny aîné qui a vu bien des gloires d’un jour, bien des emballements tôt épuisés, et qui, hier, me disait : « Proust, c’est du nouveau. » (Hommage à M. Proust, N.R.F. p. 13-14.)

Paul Valéry

Valéry, qui clamait haut et fort qu’il ne lisait jamais de romans, montre dans la même revue ce qu’une intelligence supérieure a tiré de quelques pages seulement feuilletées :  « Proust a fait un emploi singulier d’un genre, le roman, qui est, comme le poème, un « usage particulier du discours ». Au monde fermé du poème s’oppose l’univers du roman, relié au monde réel. Mais la « vie » du roman n’est qu’un simulacre, dû à l’introduction « d’observations », ou « éléments reconnaissables ». La seule loi du plus libre des genres « ni rythmes, ni symétries, ni figures, ni formes, ni même composition déterminée ») est d’être « entraîné » par la suite et la fin (aventure ou connaissance). Proust a tiré de chaque élément de son existence, grâce à son pouvoir de « division », un « infini », toutes les créations de l’âme, en appliquant sa vie intérieure à la peinture d’une « société superficielle », équivalent de la Cour pour les écrivains du XVIIe siècle. Les personnages du « monde » ont une valeur symbolique, et dessinent des « figures simplifiées », « entités qui permettent le développement symétrique, et comme musical, des conséquences d’une situation bien isolée ». Les deux grands thèmes de cet article, la reconstitution des possibles de la pensée et les figures abstraites dessinées par les personnages, cachent mal ses lacunes : le roman de Proust obéit, en fait, à certaines lois du poème.

Le problème du temps est abordé par Valéry dans une lettre (19 janvier 1935, Lettres à quelques-uns, Gallimard, 1952, p. 224-225) : « Je suppose que Proust avait une excellent mémoire, et se plaisait à en raviver les détails les plus fins, comme on colore, pour le microscope, les chevelures des neurones. J’ai mauvaise mémoire (…) Ce travail d’écriture de Proust m’est inconcevable. »

Paul Claudel

L’hostilité de Claudel à l’égard de Proust, cependant héritier comme lui du symbolisme, a été profonde, permanente, viscérale (mais non réciproque; voir M. Proust, Chroniques, P. 108-109); des phrases comme : « Parlez-nous de Marcel Proust ! » ou « Nous sommes loin de Marcel Proust! »?  montrent que la Recherche apparaissait à Claudel comme un monde clos, limité, mesquin, sans aucun sens de l’épopée ni de la transcendance, c’est-à-dire le contraire de Tete d’or et Partage de midi : « Aux enfermés, l’ouverture ??… Qui sait s’il ne s’agit pas de cette pièce obscure et étouffante où s’était incarcéré le malheureux Marcel Proust, de ce laboratoire sinistre qu’il avait aménagé pour transformer la réalité en cauchemar??? ? ».

L’époque même de 1900 en aurait été défigurée « Tout de même il y eut autre chose au cours de ces années honorables (…) que les papotages de Mme Verdurin et les amours de M. de Charlus. ». D’où la condamnation : « Les pauvres gens à qui l’on a ôté toute idée directrice, tout principe de conduite transcendant, toute énergie autonome, et au même niveau, les dilettantes, les esthètes dans le genre de Marcel Proust, les organisations impuissantes, entièrement ordonnées à la sensation immédiate, entièrement immergées dans la circonstance, à quoi les comparer, sinon à ce qu’il y a de plus bas dans l’échelle animale????? »

Alain

Alain, que ses goûts littéraires portaient plutôt vers Balzac, Stendhal, Dickens, a senti et présenté en quelques lignes des traits essentiels de l’œuvre de Proust : la vision nouvelle, due à l’exploitation délibérée de l’expérience des premiers âges, de l’enfance comme de la société; l’importance de la « métaphore à l’état naissant », qui appartient à l’âge magique où l’image est une forme de connaissance, où le mythe tient lieu de science. Reste, dans ce propos du 10 décembre 1921, in cauda venenum, l’adjectif « déplaisant ».

« Mais voici un enfant qui n’a point fini de naître; toujours retournant à la pulpe maternelle (…) Vêtu et enveloppé de ses parents chéris; qui voit hommes et choses en ombres sur sa fenêtre; qui médite d’abord sur les mots, selon la loi de l’enfance; qui pense par les dieux du foyer; qui croit tout de ce monde proche, et ne croira jamais rien d’autre; qui découvre toutes choses à travers ce milieu fluide. » Le travail du romancier est comparable à celui du peintre : « Car le peintre de paysage, afin de représenter la distance des choses, l’horizon, la mer et le ciel, doit les réduire d’abord à une apparence colorée, sans aucune distance. Ainsi notre poète voit d’abord les choses et les gens projetés sur la peau de l’œuf familial.  » Le romancier-poète refait de tout ce qui nous entoure « apparition et fantôme ». « Tel est l’âge magique (…) où c’est le monde lui-même qui apparaît. Aux yeux d’une race active et industrieuse, le monde n’apparaît plus, il est³ »

André Gide

Gide avait refusé, pour Gallimard, Du côté de chez Swann, heurté, écrira-t-il à Proust,  par la réputation mondaine de ce dernier, son côté « rive droite », « beaux quartiers », et par une coquille d’imprimeur; il avait très peu lu du manuscrit. Il s’en excusa, et écrivit deux articles, « En relisant Les plaisirs et les jours » (Hommage à M. Proust, 1er janvier 1923, p. 111-114) et « A propos de Marcel Proust » (Incidences, Gallimard, 1924, p. 43-48; reprise d’un « billet » paru dans la N.R.F., du 1er mai 1921). Dans ce dernier, il conteste les critiques faites au style de Proust, qui a « toutes les qualités », aux phrases, dont la longueur a pour contrepartie la composition, à l’architecture (« une ordonnance cachée »). Il souligne la parenté de l’œuvre avec Balzac, avec Montaigne, et sa gratuité, qui rend l’œuvre plus utile que bien des œuvres « utiles ».

Mais le journal ne cache pas les réticences de plus en plus  grandes à mesure que l’on s’éloigne de la mort de Proust. La peinture de l’homosexualité est au centre du conflit : Gide accuse Proust de vouloir se protéger en offensant la vérité; cette hypocrisie, il la retrouve dans les lettres à Mme de Noailles; parfois même, une relecture de Proust le décourage d’écrire : on peut se demander si la jalousie que Gide devait ressentir aussi à l’égard de Valéry et de Malraux n’explique pas ses critiques, longtemps enfouies dans le Journal, à l’égard de Proust. Malgré un labeur acharné, l’auteur de Corydon avait conscience de ne pas égaler ce génie qui croissait, dans son jardin réservé de la N.R.F.

Jean Giraudoux

Giraudoux n’est allé qu’une fois chez Proust, emmené par Morand. Il lui a dédicacé Elpénor, en 1919  « J’aime son livre, je l’adore. » Dans un article unique, consacré à la réimpression de Swann chez Gallimard la même année (Feuillets d’Art, n° 1, juin 1919; repris dans Or dans la nuit), Giraudoux, pastiché dans Le côté de Guermantes et loué dans la préface de Proust à Tendres stocks de Morand, donne d’abord un bel exemple de critique mimétique. Il ressort de son introduction qu’après la guerre de 1914, les lecteurs avaient besoin d’évasion et de poésie; puis, en forme de dialogue-énigme, un portrait de Proust : « Ne désirez-vous pas qu’un écrivain s’enferme un jour chez lui, à trente ans, et dès lors qu’il écrive sans arrêt, dans une chambre tendue de liège et les fenêtres barricadées, pour que la rumeur du boulevard Haussmann n’arrive pas jusqu’à lui ? (…) Ne désirez-vous pas, mais avec passion, soucieux de ne pas voiler son cœur nu et humide comme une plaque photographique, qu’il ne sorte jamais le jour; qu’il sorte habillé de gris perle et de blanc; qu’il écrive sans relâche dix, quinze, vingt volumes; qu’il ne dorme jamais ? » Suivent des remarques sur le style de Proust, sur l’enfance, la mémoire, le « monde », les femmes; enfin c’est le résumé de Un amour de Swann. Mais cette paraphrase est devenue du Giraudoux : à un monde organisé a succédé la danse saccadée des images, si bien que la technique et la vision de Proust, rival de Balzac et de Dostoïevski, se sont perdues dans le vertige gracieux et superficiel de l’impressionnisme littéraire, Proust ne manqua pas d’en être amer : « C’était ravissant, bourré d’esprit et cela m’a déçu à un point ! »

Paul Morand et Jean Cocteau

Ces deux amis de Proust ont laissé de lui des croquis, plutôt qu’une étude littéraire. Morand, dans un poème de Lampes à arc (1920), « Ode à Marcel Proust » (1915) :

« Proust, à quels raouts allez-vous donc la nuit
pour en revenir avec des yeux si las et si lucides ?
Quelles frayeurs à nous interdites avez-vous connues
pour en revenir si indulgent et si bon ?
et sachant les travaux des âmes
et ce qui se passe dans les maisons,
et que l’amour fait si mal ? »

Le « dandy gris perle et noir » apparaît encore dans le Journal d’un attaché d’ambassade que Morand rédige en 1916-1917, et dans un essai plus tardif, Le visiteur du soir (La Palatine, Genève, 1949), suivi de quarante-cinq lettres de Proust.

Jean Cocteau, génie, lanceur de modes mais poète avant tout, retenant de son regard aigu le détail émouvant ou significatif, est l’un des rares contemporains de Proust à l’avoir véritablement fait parler, dans son article sur « La voix de Marcel Proust » : « Que Swann parle, ou Bloch, ou Albertine, ou Charlus, ou les Verdurin, j’écoute cette voix profondément rieuse, chancelante, étalée, de Proust lorsqu’il racontait, gémissait de raconter, organisait le long de son récit un système d’écluses, de vestibules, de fatigues, de haltes, de politesses, de fous rires, de gants blancs écrasant la moustache en éventail sur la figure. »

Il évoque également, en termes émouvants, sa dernière visite à Proust mort, sous le titre lui-même si proustien de « La leçon des cathédrales ». La pile des cahiers qui contient le manuscrit de la Recherche inédite, et ses esquisses, se trouve sur la cheminée :  » Cette pile penchait du côté de l’ombre, du côté de cette ombre doucement éclairée comme par une veilleuse de porcelaine blanche par ce pâle profil; et nous nous rappelâmes que c’étaient les cahiers que Marcel embrouillait et enchevêtrait s’il voulait nous lire quelque chapitre. Cette haute pile inégale de cahiers d’école, c’était, n’en déplaise aux amateurs de catastrophe, l’œuvre complète (…) de notre ami.

Cette pile de papier, à sa gauche, continuait à vivre comme la montre au poignet des soldats morts. »

Vient alors l’image qui rejoint celle d’une lettre de Proust à Gaigneron : « Une cathédrale de papier (…) d’où la recherche du temps perdu s’élevait et bâtissait en l’air une nef dont Albertine serait l’ange au sourire détruit, et les autres, les saints, les damnés et les gargouilles. » (Poésie critique I, Gallimard, 1959)

François Mauriac

Mauriac a rencontré Proust assez tard, le 3 février 1918, au cours d’une réception donnée en l’honneur de Francis Jammes. Mais il avait d’abord connu à vingt ans la préface à Sésame et les lys : « Dès les premières lignes de cette préface, je me sentis sur la frontière d’un pays inconnu. » A peine la parution de Swann, il en achète le premier tirage. Leurs relations (ils se rencontreront très peu, deux fois en tout, mais s’écriront) évolueront vers l’amitié. Dans Du côté de chez Proust, Mauriac a rassemblé plusieurs études, écrites à des dates différentes, et des lettres que Proust lui avaient adressées  (La Table ronde, 1947). Il y salue « la plus puissante œuvre romanesque de ce temps » non sans noter que « Dieu est terriblement absent de l’œuvre de Marcel Proust (…). Du seul point de vue littéraire, c’est la faiblesse de cette œuvre et sa limite; la conscience humaine en est absente. Aucun des êtres qui la peuplent ne connaît l’inquiétude morale, ni le scrupule, ni le remords, ni ne désire la perfection. Presque aucun qui sache ce que signifie pureté ».

En 1942, Mauriac nuance son admiration, la « contamination de tout un monde romanesque par ce morbide créateur qui l’a porté trop longtemps confondu avec sa propre durée, tout mêlé à sa profonde boue, et qui lui a communiqué les germes dont il se trouvait lui-même infecté ». Dans les Mémoires intérieurs, il reviendra à des éloges sans ombre.

Georges Bernanos

En 1926, Bernanos affirme que « le romancier a un rôle apologétique. C’est tellement vrai que l’œuvre de Proust, par cette espèce d’anxiété qui fait le fond des immenses joies intellectuelles qu’il nous donne, a pu être tenue pour bienfaisante. Ella a réveillé le désir de chercher. Elle a ouvert le champ » (repris dans Le crépuscule des vieux, Gallimard, 1956, p.81). Mais il affirme également que « la terrible introspection de Proust ne va nulle part »; comme Mauriac, il dénonce l’absence de Dieu. « Proust a cru pouvoir se placer au point de vue de l’observation pure. L’état de grâce intellectuel serait une indifférence totale au bien et au mal. Cette prétention paraîtrait soutenable si la loi morale nous était imposée du dehors, mais il n’en est rien. Elle est en nous, elle est nous-même. » (Ibid., p. 78-79.)

Jean-Paul Sartre

Un autre réquisitoire est dû à Sartre, non plus, au nom de la morale et de la théologie chrétienne, mais parce que sa philosophie de l’histoire conduit à l’engagement, au socialisme, au refus de la classe et de la culture bourgeoises. Sartre part d’un syllogisme simple : l’esprit d’analyse est caractéristique de la bourgeoisie; or Proust le pratique, donc Proust est un bourgeois, et, qui pis est, « le complice de la propagande bourgeoise, puisque son œuvre contribue à répandre le mythe de la nature humaine (…). Nous ne croyons plus à la psychologie intellectualiste de Proust, et nous la tenons pour néfaste ». (Situations II, Galimard, 1948, P. 18-23; le texte est de 1947.)

L’étude que fait rapidement, Sartre de l’amour selon Proust semble erronée : « Pédéraste, Proust a cru pouvoir s’aider de son expérience homosexuelle lorsqu’il a voulu dépeindre l’amour de Swann pour Odette; bourgeois, il présente ce sentiment d’un bourgeois riche et oisif pour une femme entretenue comme le prototype de l’amour. » Or, l’amour de Swann pour Odette n’est pas imaginé grâce à « l’expérience homosexuelle » de Proust (qui n’est d’ailleurs pas « pédéraste », au sens gidien du mot) : les expériences amoureuses de l’auteur de la Recherche ne sont pas seulement homosexuelles. L’amour de Swann n’est pas non plus le prototype de l’amour; mais répond à un projet global; Proust n’a jamais prétendu que l’homosexualité représentait la vérité de l’amour (et là-dessus, Deleuze se trompe également », mais simplement qu’elle permettait aussi d’en observer le fonctionnement. Enfin, « la conception synthétique de la réalité » que Sartre propose pour finir paraît proustienne : le dernier mot de Proust n’est pas l’analyse, c’est la synthèse **** , et le pouvoir révolutionnaire du langage.

Albert Camus

Un chapitre de L’homme révolté (1951), « Révolte et Art », contient un développement sur « Roman et révolte » (p. 319-331), où la place de Proust est à l’opposé de celle que lui concédait Sartre. Pour l’auteur de La peste, qui parle ici, sans le dire, un langage proche de celui de Malraux, dans le roman, l’univers trouve « sa forme » et « la vie prend le visage du destin »; ce qui caractérise le romancier, ce n’est pas l’analyse, mais la recherche de l’unité : « Il réunit, dans une unité supérieure, le souvenir perdu et la sensation présente, le pied qui se tord et les jours heureux d’autrefois. (…) Il n’a pas consenti à ce que les vacances heureuses soient à jamais perdues. Il a pris sur lui de les recréer à nouveau et de montrer, contre la mort, que le passé se retrouvait au bout du temps dans un présent impérissable, plus vrai et plus perdu n’est alors qu’un puissant moyen. La grandeur réelle de Proust est d’avoir écrit Le temps retrouvé (…). Sa victoire difficile, à la veille de la mort, est d’avoir pu extraire de la fuite incessante des formes, par les seules voies du souvenir et de l’intelligence, ces symboles frémissants de l’unité humaine.  » (L’homme révolté, Gallimard, 1956, p. 329-331.). Ainsi Camus rappelle-t-il, en 1951, cette vérité banale, mais si souvent oubliée, que seul Le temps retrouvé donne leur sens aux volumes qui l’ont précédé. Le dernier mot de l’œuvre est qu’elle « s’allie à la beauté du monde ou des êtres contre les puissances de la mort et de l’oubli ».

Georges Bataille

Dans La littérature et le mal (Gallimard, 1957), Bataille a regroupé quatre études. La première, « L’amour de la vérité et de la justice et le socialisme de Marcel Proust », montre comment, dans Jean Santeuil, à propos du personnage de Couzon (portrait de Jaurès), Proust a eu, « dans sa jeunesse, un sentiment socialiste ». La seconde, « La morale liée à la transgression de la loi morale », affirme que la quête de la vérité, chez Proust, n’allait pas, dans sa vie et chez ses personnages, sans recours au mensonge. D’où le passage à l’érotisme (« Nous vénérons, dans l’excès érotique, la règle que nous violons. Un jeu d’oppositions rebondissantes est à la base d’un mouvement alterné de fidélité et de révolte, qui est l’essence de l’homme. En dehors de ce jeu, nous étouffons  dans la logique des lois »), dont traite la troisième partie : « La jouissance fondée sur le sens criminel de l’érotisme. » Bataille commente la phrase de Sodome sur les fils qui « consomment dans leur visage la profanation de leur mère », l’épisode de Mlle Vinteuil, celui d’Albertine. Il identifie Vinteuil à Mme Proust et Mlle Vinteuil à Marcel, pour tirer de ce tableau une conclusion : « Le Mal semble saisissable, mais c’est dans la mesure où le Bien est la clé (…). Nous ne sortons de l’imbroglio où le Mal se dissimule qu’apercevant le lien des contraires, qui ne peuvent se passer l’un de l’autre. » « Justice, Vérité et Passion » affirme enfin que « Quelque chose est en nous de passionné, de généreux et de sacré qui excède les représentations de l’intelligence : c’est par cet excès que nous sommes humains. » Ce sacré, Bataille le lit  dans les colères de Proust, dans sa rage de vérité et de justice, qu’il trouve aussi dans Jean Santeuil.

Julien Gracq

A l’écart du « nouveau roman », héritier du romantisme allemand et du surréalisme, Julien Gracq est l’un des plus grands écrivains français de l’après-guerre – le plus grand peut-être. Ses premiers textes sur Proust paraissent dans ce journal de lecture (et de voyage) que constituent Lettrines (J. Corti, 1967), Lettrines 2 (J. Corti, 1974). En lisant en écrivant (J. Corti, 1981). A propos de Contre Sainte-Beuve, Gracq critique le style « cotonneux » et mou : « Les années seules pouvaient apporter cette mise au point : tout se passe comme s’il l’avait su, et attendu en faisant des gammes. » N’ayant « jamais pu savoir où il en était avec Proust », il le compare aux « sachets de potage déshydratés » qui se recomposent dans l’assiette. Proust est « snob », « myope » dans la description*****. Marquant son horizon historique, Gracq note : « Il y a le symbolisme aqueux où Proust a détrempé sa jeunesse  rien que quelque reflet évanescent d’une vision d’art, rien qu’une orchidée rare effeuillée sur le parvis d’une « petite revue » modern-style. Les grands créateurs de la Recherche sont fabriqués de matériaux de rebut : Helleu, croit-on (autant que Whistler) pour Elstir, Saint-Saëns pour Vinteuil, Hervieu, Lemaître et France pour Bergotte. » Proust a, toute sa vie, hésité entre sa situation sociale et sa situation d’écrivain : « La « situation acquise » de Proust fut, pendant presque toute sa vie, non littéraire, mais d’un tout autre ordre, et sa singulière hésitation sur la place qui lui était due témoigne peut-être d’un problème tardif, et original, de reconversion******. »

***

La dernière année de la vie de Proust commence comme les autres. Proust est malade, de l’asthme entre autres, et cependant on le retrouve à plusieurs reprises dans le « monde ». Au début du printemps 1922, retravaillant le manuscrit du Temps retrouvé, il appelle Céleste : « Vous savez, il est arrivé une grande chose, cette nuit (…). C’est une grande nouvelle. Cette nuit, j’ai mis le mot fin. » Il a ajouté, toujours avec son sourire et cette lumière dans son regard : »Maintenant, je peux mourir. »

En septembre, la santé de Proust se détériore : étourdissements, chutes. Ses dernières notes sont portées sur le Cahier 59, et sur la dactylographie de La prisonnière. Swann’s Way est publié en Angleterre à la fin du mois, traduit par Charles Scott Moncrieff; le titre général, Remembrance Of Things Past, emprunté à Shakespeare, ne rend pas compte, comme Proust le remarquera, de l’ambiguïté du titre français. – L’ancien valet et secrétaire Forssgren cherche à revoir Proust, qui l’attend en vain à son hôtel, et lui laisse un billet signé « Marcel ».

Au début d’octobre, à une soirée chez les Beaumont, Proust attrape une bronchite 7. Il refuse d’écouter les conseils de son médecin, de s’alimenter, de cesser de travailler. Le 24 octobre, il a achevé La prisonnière, et travaille à La fugitive. Sa dernière lettre à Gallimard, du début de novembre indique : « Je crois en ce moment que le plus urgent serait de vous livrer tous mes livres », et, en post-scriptum : « Lettre suivra quand pourrai. »

La bronchite est suivie d’une pneumonie. Proust refuse à son frère d’être transporté en clinique. La suite est celle-ci : le 17, il se sent mieux, et annonce à son frère que le lendemain sera décisif. Le 18, il va plus mal, et commence à délirer, à voir « une grosse femme noire ». A trois heures, il parle encore à son frère : « Je te fais mal – Oh ! oui, mon cher Robert. » Il meurt à quatre heures et demie. Céleste Albaret dément Painter sur un point : « Il n’a jamais dit « Maman! » (Monsieur Proust, p.430). L’abbé Mugnier, malade, ne peut venir dire les prières que Proust avait demandées que l’on dise après sa mort. L’enterrement eut lieu le 22 novembre.

 

 

 

¹Sur les rapports de Proust avec les écrivains de son temps, lire L. Lesage, Marcel Proust and His Literary Friends-

²Propos rapportés par M. Le Goff, Anatole France à la Béchellerie, Albin Michel, 1947, p. 331 332

? Œuvre en prose, Bibl. de la Pléiade, p. 562, 624
??Isale
??? œuvre en prose, p. 66
???? Ibid p. 650, 960 (1932)

³ Alain, Propos, Bibl de la Pléiade, 1959, p. 339-340

**** Dans Saint-Genet (Gallimard, 1952, p. 432-433) Sartre fait, à propos du décor de Rivebelle, un commentaire plus littéraire de l’humour proustien _ qualifié, de manière curieusement déterministe, de « pédérastique », ce qui ne veut ou ne peut, en l’occurrence, rien dire.

***** Lettrines, p. 39, 44, 47, 93, 95; sur Proust et Breton p. 102.

******Lettrines 2, p. 129-130; une belle remarque sur les « jeunes filles », p.89.

******* Il avait dit à Céleste : « Je vous l’ai dit, je ne sais combien de fois : mes bronches nen sont plus que du caoutchouc cuit, mon cœur lui-même ne respire plus usé qu’il est par l’effort de tant d’années pour chercher l’air qui me manque. Je suis un homme très vieux, Céleste… »

Sources : Selon Jean-Yves Tadié, Proust, Pierre Belfond, 75007 Paris

 

 

 

Théories sur la mort

Nous vaincrons les hordes – 

O libre France enfin surgie !
O robe blanche après l’orgie !
O triomphe après les douleurs !
Le travail bruit dans les forges,
Le ciel rit, et les rouges-gorges
Chantent dans l’aubépine en fleurs !

La rouille mord les hallebardes.
De vos canons, de vos bombardes
Il ne reste pas un morceau
Qui soit assez grand, capitaines,
Pour qu’on puisse prendre aux fontaines
De quoi faire boire un oiseau.

Au fond des cieux un point scintille.
Regardez, il grandit, il brille,
Il approche, énorme et vermeil.
O République universelle,
Tu n’es encore que l’étincelle,
Demain tu seras le soleil !…

Victor Hugo

De notre intellect

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Patchwork et couture, ce qu’il faut connaître

 

 

Le patchwork est le « textile arts » de rassembler des morceaux d’étoffes, pour les coudre ensemble. La technique d’arrangement acquiert toute sa valeur, si nous ne mélangeons pas divers types de tissus, si nous utilisons les bons fils et les bons outils, avec le peu de matériel qu’elle requiert. Si nous procédons avec une bonne dose de réflexion, alors nous inventerons le plus beau des patchworks.

Le patchwork, un art de contrastes qui s’éclairent

Les vocations et les chutes

Vers la fin du XVIIIe siècle une idée naquit, celle d’utiliser des chutes de tissus, pour les transformer en couvre-pieds. On pliait alors le tissu, et on le découpait en formes géométriques. De nos jours, avec la couture, nous disposons d’une abondance de tissus divers, et les chutes sont variées.

Un chemin à la rencontre de l’art

L’artiste en patchwork recyclant les bouts de tissu minuscules et le collectionneur tirant profit des chutes ont facilité le chemin. Tel le jeu de lumière obtenu, si on dispose le velours côtelé, dans des directions variées !

Les obstacles à éviter

Le grand mélange

Il est conseillé d’employer les mêmes types et épaisseurs de tissus. Éviter les étoffes trop moelleuses ou qui s’effilochent, tels les tissus en fibres artificielles. Le tissu pur coton convient. Avec la patience et l’expérience, la gamme se diversifiera. Avec les lainages légers, les tweeds fins et les soieries, le patchwork deviendra plus élégant !

Pas d’anarchie

Pour un beau rendu, il ne suffit pas d’assembler n’importe comment. Chaque pièce doit relier une place déterminée dans le motif, chaque bout de tissu doit être adéquat. Une pièce de tissu à pois sera taillée avec le pois au centre. Certains patchworks n’ont pas l’éclat des autres, en raison de la monotonie des couleurs. Au contraire, il faudra choisir des tissus clairs, moyens et sombres : des cotons écrus et pièces de tissus blancs, en contrastes.

Le matériel à utiliser

Les fils

Le fil à coudre doit être fin et corrélatif au tissu employé. Le coton (nº 50) est le plus solide. On peut n’employer que du blanc ou noir, si les pièces sont de dominante sombre ou intercaler un fil assorti ou du coton mercerisé de couleur, aux pièces déjà assemblées. L’assemblage des pièces de soie nécessite un fil, en soie pure. Celui des tissus synthétiques ou mélanges, un fil synthétique. Pour les faufils, employer une soie qui ne laisse pas de traces.
Les aiguilles
Les aiguilles fines ou à broder nº 8/10 sont conseillées. Choisir l’aiguille, en fonction du fil et les épingles en laiton ou acier. Utiliser des ciseaux aux bouts pointus pour tailler les morceaux de tissu, prévoir une autre paire, voire un cutter, réservé au découpage du papier.
Le patchwork est contraire à la couture-passion et broderie-application, où l’on peut utiliser tous les tissus, transparents, opaques, rêches, lisses, mais il reste le préféré de l’artiste textile, en raison de son originalité.

 

Comment réparer une fermeture éclair

Réparer une fermeture éclair de pantalon cassée ? Quel ennui ! Et pourtant… quand la technique est là, c’est d’une simplicité absolue. Voici deux méthodes imparables pour remplacer une fermeture éclair en un tour de main. Selon l’endroit où elle s’ouvre, soit vous la disposez « sous patte », soit simplement bord à bord.

Pose de fermeture sous patte

Une fermeture est sous patte lorsqu’un bord de l’ouverture la recouvre et la dissimule de sorte que seule une piqûre est apparente. Elles sont habituellement montées dans les pantalons.

1ère étape


Les fermetures à glissière peuvent être posées de plusieurs manières. Le type et l’emplacement vous orienteront pour le choix de la méthode.
Réglages recommandés :

  • Sélecteur modèle point : droit.
  • Largeur point : nulle.
  • Pied-presseur : ganseur.
  • Plaque aiguille : point droit ou universel.

Si la fermeture à glissière est à gauche de l’aiguille, le côté gauche de la semelle pied-ganseur est placé sur la jambe.
Si la fermeture est à droite de l’aiguille, le côté droit de la semelle pied-ganseur est placé sur la jambe.

2ème étape

Faufilez ensemble l’ouverture de la fermeture à la machine sur la ligne de couture et pressez le dépassant ouvert.
Attachez le côté gauche du pied à semelle étroite au talon.

3ème étape

  • Sur l’envers du travail, bâtissez l’autre côté de la fermeture au bord du ruban en traversant les trois épaisseurs, ruban, couture et vêtement.
    Cousez la fermeture à glissière en dépassant de bas en haut.
    Fixez le côté droit de la semelle du pied ganseur sur la jambe.
    Fermez la fermeture à glissière et tournez les mailles vers vous.
    Surpiquez le côté déjà fixé, le long des mailles de la fermeture (très au bord). Observez bien l’illustration pour réaliser cette étape.

4ème étape

Retournez le vêtement sur l’endroit, attachez le côté gauche de la semelle du ganseur et piquez la fermeture en commençant dans le bas et suivant le bâti servant de guide comme illustré.

Pose de fermeture bord à bord

1ère étape

  • Bâtissez l’ouverture et repassez couture ouverte.
    Posez la fermeture, l’envers vers vous.
    Piquez le premier côté comme illustré.

2ème étape

  • Bâtissez la fermeture sur l’envers, le long des bords du ruban.
  • Retournez l’ouvrage sur l’endroit, piquez tout autour en suivant le bâti.
  • Piquez à 6mm des dents.
  • Retirez les fils de bâti.

Une astuce

Si vous préférez coudre les fermetures à glissière à la main sans vouloir renoncer aux piqûres, surpiquez d’abord les bords de la fente. Monter une fermeture éclair à point arrière est possible, s’ils sont effectués sur la ligne de piqûre. Mais je le déconseille. Rien ne vaut les coutures soignées d’une machine à coudre.

 

(c) photographie : Par DemonDeLuxe (Dominique Toussaint) (Travail personnel) [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html) ou CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/)], via Wikimedia Commons

 

Comment bien choisir son vêtement de travail

 

La mode est extravagante. De tout temps, les vêtements, les bijoux, les eaux de toilette ont permis à ceux qui n’avaient pas d’autres moyens de se singulariser, de donner libre cours à leur imagination. Mais dans le monde du travail, supposons qu’il vous soit donné de jeter une pierre de plus pour gravir certains échelons, il est très important d’en définir certaines règles suprêmes.

L’art de rester naturel

A chacun son style ! Un responsable de grand magasin peut tout à fait adopter le jeans s’il le porte avec élégance (chemise blanche, chaussures habillées).
Un cadre supérieur aussi, à condition de le porter avec un superbe ensemble, veste, chemise assortie de la cravate restée toujours universelle. Le tout soumis au principe d’une propreté irréprochable cela va de soi.
Ce qui est vrai dans la vie privée, l’est encore plus dans une entreprise où vos collègues et supérieurs n’ont pas à supporter une tendance au laisser-aller.

Avoir de la cohérence

Il est évident qu’un technicien de surface ne va pas travailler en smoking Hugo Boss. Le poste occupé et le type d’entreprise dans laquelle vous travaillez conditionnent directement votre tenue.
A partir du moment où vous êtes en relation avec l’extérieur, adopter le costume qui semble adéquat. Il l’est moins dans les entreprises comme l’industrie, où, en dehors du personnel d’encadrement, chacun adopte une tenue plus décontractée.

 

Esthétisme et bon goût

 

Soyez critique envers vous-même. Les hommes n’ont aucune ressource, condamnés qu’ils ont à porter chaque jour un pantalon et une veste (avec pull ou chemise/cravate selon le cas). Ils veilleront malgré tout aux petits détails « qui changent tout ».

 

Devoirs des hommes en matière d’habillement au travail

Messieurs, ayez le réflexe de coordonner la couleur de vos chaussettes à celle de votre cravate (que vous aurez toujours sous la main en cas de besoin si vous ne la portez pas en permanence).
Si vous possédez un caractère original, si votre fonction vous y autorise, vous pourrez même adopter le nœud papillon (régulièrement, si vous voulez en faire une partie intégrante de votre personnalité).
Coordonnez donc aussi la couleur de vos chaussures à celle de vos vêtements : noire pour les costumes noirs ou gris, marron ou bordeaux pour les autres tenues.

 

En conclusion

Tous ces conseils sont la nature du bon sens. Avec une dose d’observation et deux de sens critique, vous parviendrez à vous composer un look en parfaite adéquation avec votre personnalité et celle de l’entreprise.
Un dernier conseil : n’essayez pas de copier le collègue ou le supérieur, ce qui lui sied à merveille ne vous ira pas forcément !

 

Les Fontaines

Mythologie

Les Fontaines, ainsi que les rivières, étaient en général filles de Téthys et de l’Océan. Elles se trouvaient placées sous la protection de nymphes et de génies avec lesquels on les identifiait. Celles dont les eaux passaient pour avoir une vertu curative ou salutaire étaient les plus vénérées. Aux jours de fêtes solennelles, à l’occasion d’une réjouissance publique, on les couvrait de feuillage et de verdure, on les entourait de fleurs et de guirlandes, on leur faisait des libations, elles recevaient en un mot tous les honneurs de la divinité.

 
La légende de Pégase

 

Parmi elles il  en avait qui, par leur origine, différaient de toutes les autres fontaines. Pour des raisons particulières, les poètes se sont plu à les célébrer. De ce nombre étaient par exemple, en Grêce, Aganippe, Hippocrène, Castalie et Pyrène.

 

Au Château de Versailles

 

Aganippe, qui sort du pied de l’Hélicon, en Béotie, était fille du fleuve Permesse. Ses eaux avaient la vertu d’inspirer les poètes, et elle était consacrée aux Muses. Auprès d’elle, si près même qu’on la confond souvent avec elle, était Hippocrène, fontaine que le cheval ailé Pégase fit jaillir d’un coup de pied. Elle aussi était pour les poètes, une source d’inspiration.

Mais la fontaine inspiratrice par excellence, celle que les Muses et Apollon préféraient entre toutes, c’était Castalie. Elle jaillissait au pied du Parnasse et n’avait pas toujours été une simple fontaine. Elle avait vécu, et parcouru sous la forme d’une gracieuse nymphe la vallée qu’elle baignait de son onde. Aimée d’Apollon, elle fut métamorphosée par ce dieu en source limpide et fraîche ; mais elle possédait la vertu chère aux poètes d’exciter l’enthousiasme et d’exalter l’imagination. Quiconque venait boire à ses eaux se sentait inspiré du génie poétique. Le murmure même de la source était inspirateur. La Pythie de Delphes éprouvait parfois le besoin de venir tremper ses lèvres dans l’eau de Castalie, avant d’aller rendre ses oracles et s’asseoir sur son trépied.

A l’entrée du Péloponèse, les Muses avaient aussi leur fontaine favorite et qui leur était consacrée. Elle jaillissait au pied de la citadelle de Corinthe ou Acrocorinthe, et s’appelait la fontaine de Pyrène.

Sur l’origine de cette fontaine, les mythologues ne sont pas d’accord. Les uns rattachent sa légende à celle de Sisyphe ou l’Alope et de sa fille Egine enlevée par Jupiter. D’autres racontent que la nymphe Pyrène, inconsolable de la perte de Cenchrias ou Cenchrée, sa fille, tuée, par accident, d’un dard que Diane lançait à une bête sauvage, en versa tant de larmes, que les dieux, après sa mort, la changèrent en cette abondante source qui alimentait Corinthe. Dans la fable de Bellérophon, les eaux fraîches de cette source avaient retenu Pégase sur ses bords, quand le héros s’empara de ce cheval ailé pour s’élever dans les airs et voler à ses exploits.

La vue d’une fontaine isolée, le bruit monotone de sa source portent naturellement à la mélancolie ; de là ces métamorphoses des grandes douleurs en fontaines. Ainsi Biblis de Milet, fille de la nymphe Cyanée et soeur de Caunus, ne pouvant se consoler de l’éloignement de son frère et le cherchant de toutes parts, finit par s’arrêter dans un bois où, à force de pleurer, elle fut changée en fontaine intarissable.

 

Les sources thermales

Les sources thermales avaient aussi leur fable. C’est ainsi que la nymphe Jouvence, métamorphosée en fontaine par Jupiter, avait la vertu de rajeunir ou d’arrêter la marche des années. Où était cette fontaine merveilleuse ? La fable ne le dit pas. Au moyen-âge on la faisait venir du Paradis terrestre, et on la plaçait dans les déserts d’Afrique. Au commencement du XVIè siècle, deux explorateurs espagnols, la cherchant en Amérique, firent la découverte de la Floride.

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Cet article tiré du livre de Commelin, Mythologie Grecque et Romaine, permet de connaître mieux l’histoire des Fontaines au travers de la Mythologie traditionnelle des Grecs et des Latins. Je suis tout-à-fait d’accord avec l’auteur du livre. Si la Mythologie, fait rêver, « elle représente évidemment une série de mensonges. Seulement on ne peut oublier que ces mensonges ont été, durant des siècles, des sujets de croyances. Dans l’esprit des Grecs et des Latins, ils étaient dogmes et réalités. A ce titre ils ont inspiré les hommes, les artistes, les poètes, les littérateurs et permis la création de magnifiques chefs-d’œuvre. Il est donc un devoir de répéter, mot pour mot, les écrits. » J’ai donc respecté, reproduit, recopié, dans cet article,  le texte dans sa plus grande simplicité, avec ses merveilleux détails, sans me préoccuper de leurs éventuelles exagérations.  Je vous en souhaite une bonne lecture.