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Un crétin en entreprise

Dans le quart livre, Pantagruel est un bien étrange individu. Mais il se trouve que l’art subtil de la représentation de personnes réelles, demande vérité du trait. Alors, on va essayer d’en brosser son portrait car on lui en veut dans la grande Société qui nous a porté. Un portrait c’est un œil attentif, il reproduit une image exacte de personnes ou types sociaux. Serait-il si difficile à réaliser ? Celui-ci est loin d’avoir prétention littéraire, toutefois, l’image capturée peut divertir un moment.

Je m’appelle Prétentieux

Crétin a le cheveu rare, le visage empâté, le teint luisant, ses sombres yeux en-dessous, qu’il ne peut être séduisant. Pourtant, au sein de l’entreprise, il a trouvé sa place. Sur les organigrammes, comme on dit, il se montre. L’intérêt ? Celui de se faire remarquer. Il semble toujours progresser, chante sous son chapiteau, tourne des projets, croit en l’avenir de la Société, Crétin est tout à la fois, Adam, Dauphin, Natrix, Perrault, Baudelaire dans ses notes, Invaders et Courant d’air.

Crétin passe pour un intelligent. Dans ses comptes-rendus d’affaires, il dort peu, d’un sommeil d’idées nouvelles qu’il conte ensuite, tant il se veut sincère. Si sincère qu’on le croirait, mais il a l’air d’un stupide. Parfois, âme créatrice, en pleine ébullition, si proche d’un grand contrat qu’il disparaît avec lui, sans plus s’occuper de ses soumis, puis revient de temps en temps avec ses feuilles, énervé, arrogant, susurrant à la postérité son nouveau degré d’efficacité lors d’une rencontre avec le grand dirigeant. Fermons cette porte Monsieur, travaillons ailleurs ! Rien que vous et moi, alerte aux grandes fuites d’informations des petits employés !

Mais reprenons depuis le début

Crétin n’est pas méchant, c’est un usurpateur. Il oublie simplement de dire tout ce qu’il a fait avant, car il ne veut pas vous parler, et s’il en est contraint pour preuves, il s’en tire avec ses mots, en grand sur des mails, étale avec des idées sa propre vérité. Si bien que Crétin a peu d’appuis car il finit par casser après vous avoir embrassé avec son expérience.

Mystérieux sur ses sources, mais qui est-il ? un arriviste, un menteur, un superstitieux ? Continuera-t-il longtemps à se moquer ? Oui, car Crétin a la plume méditerranéenne, l’hostilité innée au monde des employés. Il est un « personnage » certes, mais O sans malice et presque avec quelques regrets, comme chaque sujet il vieillit – on ne le craint plus bientôt que vaguement…
Mais Crétin rebondit, toujours il réapparait, sourire aux dires, rejoint votre avis, rapporte en amont, puis, comme Poucet, il sème des cailloux avec des mots critiques d’allégresse infinie qui séduisent le grand patron.
Cela étant, il est de ceux formant cercle pour aller de l’avant, il part dans les services pour dire du mal de vous, dans les réunions pour dire ce dont il ou elle a manqué, avance adroitement son pion mais un mot du patron le réduit à néant. Il n’occupe point de lieu sur le terrain, il ne tient point de place, il est partout.
Ses échecs ? Il ne les montre. Médiocrement traumatisé des censures passées, il rouvre le stylo sur un nouveau challenge dans une nouvelle équipe et réorganise un plan de travail avec goût.
Maxime morale est bien vraie « qu’il ne faut jamais nuire », des années durant, ni pépier à plaisir dans l’air d’une entreprise pour avoir la joie de dénigrer.

Tu as aimé médire, apprécie donc d’être raconté…

 
 

 

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